300 jours fatidiques

Chaque fois qu’un livre paraît sur la Seconde Guerre mondiale, on s’interroge sur ce qu’il peut réellement apporter à la compréhension de cette déflagration qui a consumé le monde il y a bientôt neuf décennies. Éric Branca fait partie de ces historiens sur lesquels on peut compter pour ouvrir de nouvelles perspectives.

Le 300 Jours – 13 juillet 1944 – 9 mai 1945 : dix mois pour en finir avec Hitler qu’il publie aux Éditions Perrin, offre une lecture richement documentée et portée par un style magistral, tout en brossant le portrait des principaux personnages qui marquent le chapitre ultime du dernier conflit mondial.

D’entrée de jeu, l’auteur ne cache pas le sentiment qui l’habite à l’égard du maréchal Montgomery, « qui ne s’affirme qu’en s’opposant et manque d’oxygène quand il n’a pas d’ennemis ». La messe est dite. Son de cloche tout à fait différent en ce qui concerne l’illustre adversaire de Monty, le Renard du désert, un autre maréchal : Erwin Rommel.

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Morale: Determining Factor in the Desert War

“It was a combination of weight of arms and the grim determination of the men on the ground as well as air power that brought victory to the British”, writes historian James Holland in his book about The Desert War in the Ladybird Expert series.

The renowned author starts his book with an observation about the lack of enthusiasm among the crowd massed on the square facing the Palazzo Venezia when Italian dictator Benito Mussolini declared war on June 10, 1940. Italians were not fervent about fighting alongside the Germans. The feeling would have fateful consequences in the fight for the Mediterranean.

In October 1940, the Duce decided to invade Greece, probably motivated by the desire to prove his worth to his German ally. It was a bad decision that forced Hitler’s hand to send troops to the Mediterranean theatre. The Führer became obsessed with his southern flank and devoted considerable resources to beef it up.

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Rien ne permet de rattacher Giorgia Meloni au fascisme

La présidente du Conseil italien Giorgia Meloni (News18)

Dans la foulée de la publication de ma recension de son très documenté et agréable Les hommes de Mussolini, l’auteur et historien Frédéric Le Moal a généreusement accepté de répondre à quelques questions. Voici le contenu de cet échange extrêmement instructif et agréable.

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M. Le Moal, dans Les hommes de Mussolini, j’ai été frappé de constater l’importance et la portée des forces en présence – monarchie, Église et forces armées – avec lesquelles Mussolini devait composer. Diriez-vous que le Duce avait les mains attachées dès le départ?

Mussolini lui-même a reconnu en 1944 que la révolution fasciste s’était arrêtée devant le palais royal. Ce qu’il exprimait par ce raccourci, c’était la réalité du contre-pouvoir que représentait la Couronne – et par là une limite à son propre pouvoir – puisque le Duce, tout dictateur fût-il, n’occupa jamais le poste de chef de l’État. Il demeura Premier ministre, ce que Victor-Emmanuel III aimait lui rappeler en l’appelant Presidente (allusion à sa fonction pourtant abolie en droit de président du Conseil).

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Ils ont fait tomber Mussolini

Il y a quelques années, durant un séjour à Rome, j’avais demandé à une guide de me faire visiter les principaux lieux d’intérêt reliés au dictateur Benito Mussolini. Parmi ceux-ci se trouvaient les Fosses adréatines, le Musée de la libération de Rome (lequel abritait le QG de la Gestapo à Rome vers la fin du conflit) et le Palais de Venise sur le balcon duquel le Duce annonça l’entrée en guerre de l’Italie le 10 juin 1940. Durant toute la journée, la guide ne cessa de me répéter que les Italiens n’étaient pas entichés des Nazis et qu’il fallait faire la distinction entre les deux.

Les séides de Mussolini affichaient manifestement des différences frappantes avec la horde brune qui gravitait autour d’Hitler à Berlin. Le dernier livre de l’historien Frédéric Le Moal Les hommes de Mussolini (Perrin) offre aux lecteurs la possibilité de découvrir ou mieux connaître ces hommes (il n’y avait aucune femme dans le groupe) qui ont accompagné Mussolini sur son parcours.

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