Barack Obama a pavé la voie à Vladimir Poutine en Crimée

20 août 2012. Derrière le podium de la salle de presse de la Maison Blanche, le président Barack Obama met en garde le régime syrien de Bachar el-Assad de ne pas franchir la ligne rouge que représente l’utilisation d’armes chimiques. Une admonestation dont le président syrien fera fi un an plus tard. On s’attend alors à ce que les Américains entre dans la danse et utilisent leur puissance militaire pour mettre le dirigeant récalcitrant au pas. Il n’en sera rien. Obama tergiverse. L’osmose fait défaut entre lui et son administration sur le dossier syrien. Traumatisé stratégiquement par les péripéties martiales de son prédécesseur, le patron « ne veut pas se retrouver dans la même situation que celle de George W. Bush en Irak […]. »

Devant lui, les Russes et leur président Vladimir Poutine veillent au grain. Pas question de se faire damer le pion pour le maître du Kremlin. Et pourquoi pas tirer avantage de la situation? À ce jeu, il est redoutable, surtout devant la faiblesse des Occidentaux qui peinent à articuler une position solide. Difficile de poser les jalons du changement de régime à Damas, puisque l’opposition est tout autant tétanisée par l’exil que par les divisions.

Diplomatiquement, d’abord, Moscou sauvera la face des Américains en annonçant le « désarmement chimique de son allié syrien ». Le repli décidé dans le Bureau Ovaleaura ensuite des répercussions majeures sur le plan militaire.

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Les Occidentaux ont poussé la Russie dans les bras de la Chine – Entrevue exclusive avec Vladimir Fédorovski, ancien conseiller de Mikhaïl Gorbatchev

Vladimir Fédorovski (source: Le Temps)

Je suis un grand amateur des livres de Vladimir Fédorovski. Par sa plume agréable et inspirée, cet auteur prolifique et ancien conseiller de Mikhaïl Gorbatchev fait pénétrer ses lectrices et ses lecteurs dans l’âme de l’histoire politique de la Russie. C’est d’ailleurs avec énormément de plaisir que j’ai lu et recensé l’éclairante biographie qu’il a récemment consacrée au dernier président de l’URSS – Le Roman vrai de Gorbatchev, publié chez Flammarion il y a quelques mois. Je m’attaquerai bientôt à sa biographie de Staline. Pour l’heure, voici le contenu de l’entretien téléphonique qu’il m’a accordé le 28 septembre dernier.

Monsieur Fédorovski, bonjour et merci infiniment de m’accorder un entretien. Je vous remercie pour votre œuvre et c’est toujours un très agréable plaisir de vous lire. Sans plus tarder, quelle est votre lecture des relations actuelles entre l’Occident et la Russie?

Il y a une affinité extraordinaire entre l’Occident et la Russie. Je n’accepte pas cette bêtise qu’est la diabolisation. Nous vivons dans un climat pire que celui de la Guerre froide. Sous la dictature du politiquement correct, les médias mentent et croient en leurs mensonges. Parce que nous avons besoin d’un adversaire. C’est inculte. Comme l’affirmait l’ancien ministre français des affaires étrangères, Hubert Védrine, c’est une fatigue intellectuelle. Par rapport à Vladimir Poutine, mon approche est gaullienne. Les chefs d’État comme Vladimir Poutine et Justin Trudeau passeront. Les intérêts nationaux et la paix, de leur côté, demeureront.

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