Chefs d’État lecteurs et écrivains

Le général d’armée Henri Bentégeat (source: Alchetron)

Quelques jours avant Noël, le général d’armée Henri Bentégeat m’a fait un très beau cadeau pour mon blogue. Cet auteur est un ancien chef de l’état-major particulier du président de la République qui a ensuite servi en tant que chef d’état-major des armées (France). Plus récemment, il est l’auteur de deux excellents ouvrages Chefs d’État en guerre (2019) et Les ors de la République(2021) – tous deux publiés chez Perrin. Le général m’a donc offert un texte inédit pour publication sur ce blogue. Le thème, vous l’aurez deviné, porte sur les appétences littéraires des chefs d’État. Une lecture fascinante et inspirante, sous la plume d’un auteur que j’admire beaucoup et envers lequel je suis infiniment reconnaissant pour son amitié envers ce blogue.

C’est donc avec un immense plaisir que je partage ce texte avec vous aujourd’hui.

En France, le Prince, qu’il soit monarque ou président de la République, n’a pas le choix de ses goûts et de ses inclinations. Il se doit d’afficher une vaste culture littéraire et artistique, de peur de perdre l’estime de ses concitoyens, tant chez nous, depuis des siècles, la culture est attachée au pouvoir.

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Napoléon, cet animal politique

Je ne pouvais laisser se terminer l’année 2021 sans recenser l’un des meilleurs livres consacrés à Napoléon qui me soit passé entre les mains pendant le bicentenaire de son décès. À cet égard, Les hommes de Bonaparte : La conquête du pouvoir 1793-1800 (Éditions Perrin) de l’historien Jean-Philippe Rey m’a permis de découvrir un aspect de l’Empereur dont ma connaissance était, je le constate bien aujourd’hui, très embryonnaire. Alors que les vertus de celui que Clausewitz appelait le « Dieu de la guerre » sont bien connues, son génie politique l’est beaucoup moins. Et c’est à ce niveau que l’auteur nous renseigne de manière convaincante.

Bonaparte, nous dit Jean-Philippe Rey était un animal politique, un ambitieux désireux de s’investir corps et âme pour grimper au sommet. En témoigne notamment son mariage avec Joséphine (un mariage dont les deux époux tirèrent avantage, malgré sa nature complexe) et une capacité consommée à tisser, entretenir et étendre ses réseaux. Le réseautage est d’ailleurs un – pour ne pas dire le – thème dominant du livre.

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Pour Brejnev, « la meilleure façon de survivre [en politique, c’était] de s’entendre avec tout le monde »

Leonid Brejnev n’a jamais vraiment eu bonne presse dans l’opinion nord-américaine. C’est du moins l’impression que j’ai retiré des discussions que j’entendais dans ma tendre jeunesse. Lorsque les adultes commentaient l’actualité relativement à la Guerre froide, le numéro un soviétique faisait figure d’« imbécile en chef » pour reprendre la formule citée par Andreï Kozovoï dans la récente biographie qu’il consacre à Brejnev. Son successeur, Mikhaïl Gorbatchev, n’a pas beaucoup aidé en le diabolisant. Et comme le père de la Perestroïka était adulé en Occident, il n’y a qu’un pas à franchir pour comprendre que les chances de Brejnev d’être apprécié à sa juste valeur étaient bien minces.

Cela dit, Brejnev est un personnage fascinant à découvrir. Sous une plume agréable et accessible qui évite la confusion avec autant de noms qui peuvent être méconnus pour un.e néophyte, Andreï Kozovoi relate avec brio l’ascension au pouvoir d’un personnage trop facile à sous-estimer. Au fait, ça ne vous rappelle pas un autre opérateur docile qui s’est tranquillement placé dans les bonnes grâces de la famille Eltsine avant de déménager ses pénates au Kremlin le 31 décembre 1999? Mais je digresse…

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« Xi Jinping est, hélas, le chef d’État actuel le plus impressionnant » – général Henri Bentégeat

Le Général (à la retraite) Henri Bentégeat (source: Alchetron)

Dans la foulée de ma recension de l’excellent livre Les ors de la République (Éditions Perrin) du général d’armée (à la retraite) Henri Bentégeat, j’ai soumis quelques questions à son attachée de presse. Très aimablement, il s’est empressé d’y répondre. C’est donc avec grand plaisir que je partage cet entretien avec vous.

Mon général, j’ai dévoré Les ors de la République avec énormément d’intérêt et de fascination. Vous y brossez un portrait fascinant des présidents François Mitterrand et Jacques Chirac. Mais comme vous avez naturellement côtoyé des chefs d’État étrangers, je me demandais lequel vous avait le plus impressionné et pourquoi?

Ayant côtoyé de nombreux chefs d’État, avec Jacques Chirac ou en tant que chef d’état-major des armées, j’ai quelque peine à désigner celui ou celle qui m’a le plus impressionné. Avant la campagne aérienne contre la Serbie qui a révélé son messianisme exalté, j’aurais volontiers cité Tony Blair, tant son enthousiasme souriant, sa simplicité et sa maitrise des dossiers me séduisaient. Je retiens donc plutôt Cheikh Zayed que j’ai rencontré au soir de sa vie. Celui qui présidait au destin des Émirats arabes unis, avait un charisme peu commun et sa sagesse proverbiale s’exprimait avec une douceur ferme et souriante, ouverte au dialogue sans céder sur l’essentiel. Chirac vénérait ce grand modernisateur respectueux des traditions et faiseur de paix.

Les présidents et leurs conseillers ayant pris goût à la disponibilité et à la discrétion du personnel militaire, le ministère de la Défense a été invité à détacher à l’Élysée des chauffeurs, des secrétaires, des maîtres d’hôtel et des rédacteurs pour le service du courrier…
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La sérénité de Jacques Chirac

Le général Henri Bentégeat (à droite sur la photo) accompagnant le président Jacques Chirac dans son command-car le 14 juillet 2005 (Photo par Sebastien DUFOUR / Gamma-Rapho via Getty Images)

Allons enfants de la patrie…

Chaque 14 juillet, une partie de mon cœur se tient aux abords de l’avenue des Champs-Élysées et bat au rythme du magnifique défilé militaire qui y déambule. La fête nationale de la France a toujours été un moment fort pour moi. Un jour, je me promets d’y assister en personne.

Cette année, j’ai donc pensé solliciter le concours d’un auteur français dont j’admire beaucoup le parcours et le talent à nous livrer ses impressions sur cette journée importante.

Dans son excellent livre Les ors de la République, le général Henri Bentégeat, qui fut chef de l’état-major particulier du président de la République du 30 avril 1999 au 2 octobre 2002 et chef d’état-major des Armées (CEMA) du 30 octobre 2002 au 3 octobre 2006, partage avec ses lecteurs plusieurs aspects fascinants et révélateurs de la personnalité du président Jacques Chirac. Je pense notamment au fait où mention est faite que « ses voyages préférés » étaient « ses visites aux armées ». Et que la Défense était l’un des domaines « qu’il aimait le plus ». Dit autrement, Jacques Chirac était à l’aise et heureux auprès de la troupe. Il était donc naturellement dans son élément lors du défilé du 14 juillet.

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La grammaire du pouvoir

Les ors de la République : Souvenirs de sept ans à l’Élysée (Perrin) a retenu mon attention parce que j’avais de très bons commentaires à propos des talents littéraires de son auteur, le Général Henri Bentégeat. Après en avoir terminé la lecture, je dois avouer que je n’ai pas été déçu. Loin de là.

Toujours intéressé par tout ce qui entoure la Res militaris, je souhaitais naturellement me renseigner davantage à propos de celui qui fut le trait d’union entre les forces armées et les présidents Mitterrand et Chirac. J’ai toujours admiré le premier et j’avais toujours cultivé une distance avec le second. Le Général Bentégeat m’a permis de rencontrer dans ses pages un personnage beaucoup plus complexe et profond que l’impression qui m’en était donnée, mais là n’est pas l’essentiel de mon propos.

À vrai dire, c’est avec délectation que j’ai sillonné les scènes du pouvoir esquissées dans le style invitant et parfois acéré de l’auteur. Pour tout dire, Mitterrand s’amuse toujours à observer les membres de son entourage conjuguer la grammaire du pouvoir. Lors d’un déjeuner avec le Sphinx (surnom donné à François Mitterrand pour sa capacité à toujours bien cacher son jeu), l’adjoint de son chef d’état-major particulier se retrouve assis à côté de lui. Voici la suite :

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Le prince Philip a pris part à une bataille navale souvent négligée

La réputation de l’historien militaire Benoît Rondeau n’est plus à faire. Il a déjà publié des livres et biographies remarqués au sujet de Rommel, Patton et l’Afrikakorps pour ne citer que ces exemples.

Le 22 avril prochain, les Éditions Perrin publieront son nouveau livre Le soldat britannique : Le vainqueur oublié de la Seconde Guerre mondiale.

Dans le contexte du décès de Son Altesse royale le Duc d’Édimbourg, la maison d’édition m’a généreusement donné la permission de partager quelques extraits relatifs au prince Philippe. Qu’ils en soient sincèrement remerciés, en cette journée où je tiens à manifester tout mon respect et ma profonde gratitude envers le Duc d’Édimbourg.

Le prince Philip a servi dans la Royal Navy sur les fronts de la Méditerranée et du Pacifique durant le conflit mondial. Benoit Rondeau résume ainsi l’importance du premier dans la conduite de la guerre :

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“Prince Philip was a serious and accomplished naval officer before he was a member of the Royal Family” – Naval Historian Craig L. Symonds

Prince Philip during in service in the Royal Navy (source: The Independent).

In my humble opinion, one of the aspects that deserves the most interest about the Duke of Edinburgh was his military service in the Royal Navy during World War II. As I’m right into reading the French edition of Professor Craig L. Symonds excellent book World War II at Sea (Oxford University Press, 2008, published in French under the title Histoire navale de la Seconde Guerre mondiale and published by Éditions Perrin at the beginning of this year), I submitted a few questions to this internationally renowned specialist about maritime warfare and the significance of Prince Philip’s service in the Royal Navy. Professor Symonds generously accepted to respond to my questions and I am extremely pleased, on this very day when we bid a final farewell to His Royal Highness the Duke of Edinburgh, to share this exchange here.

Anyone interested in learning more about the naval dimension of World War II should definitely get a copy of his insightful and well-written book.

The strategic significance of the battle of Cape Matapan was that it dissuaded Italian naval authorities from attempting to exert influence in the eastern Mediterranean afterward.

In your book, you explain that the Battle of Cape Matapan – in which the late Duke of Edinburgh took part – clipped the wings of Mussolini’s Navy in the Mediterranean Sea. In the larger context of the war, could you tell us more about the significance / importance of the battle?

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Ian Fleming et James Bond: tel père, tel fils

Dans Skyfall (le meilleur film de James Bond à mon humble avis), il y a une scène où 007 fausse compagnie aux mercenaires de Silva en empruntant un tunnel secret dissimulé dans la maison de son enfance. Au moment de s’y engouffrer, le mythique agent secret déclare : « j’ai toujours détesté cet endroit ». Cette déclaration se veut non seulement emblématique des sentiments du personnage, mais aussi de son créateur, Ian Fleming.

Dans l’enlevante biographie qu’il consacre au père de James Bond (Perrin), l’historien Christian Destremau permet au lecteur de constater à quel point le père et le fils littéraire partagent le même ADN. Amour des voitures, de la vitesse, des douches à l’eau chaude, des montagnes, caractères irrévérencieux et vie sexuelle bien assumée, voilà autant de traits donnés par Fleming à son emblématique personnage. Et j’oubliais que la mère de l’agent du MI6 est Helvète, tout comme celle de Fleming. Je laisserai aux psychologues le plaisir d’épiloguer sur la parenté entre les deux hommes, mais je peux facilement imaginer que l’auteur aurait rêvé de vivre les aventures de son héros. Après tout, n’est-ce pas là le but de la fiction?

Cela dit, n’importe quel amateur des questions de renseignement, aussi novice soit-il, aura tôt fait de constater que M. Bond détonne de manière très exubérante par rapport à la discrétion élémentaire requise de la part des manœuvriers de cet univers ombrageux. Rares doivent être ceux et celles qui raffolent d’attirer l’attention. Il n’est donc guère étonnant que le biographe écrive que « […] James Bond est pour une large part l’héritier des braves du SOE » (Special Operations Executive) – les légendaires services spéciaux créés par Churchill quelques semaines après son arrivée aux commandes en juillet 1940.

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Le KGB: outil politique

K.G.B. Trois lettres qui suscitaient la crainte aux temps de la Guerre froide et qui suscitent toujours énormément de curiosité. Et pour cause, puisque comme le rappelle Bernard Lecomte dans son dernier livre, KGB: La véritable histoire des services secrets soviétiques, cet organe de sécurité et de terreur « […] s’est confondu avec l’URSS du début de son histoire (en 1917) jusqu’à son effondrement (en 1991). »

Mise en place sous le règne des Tsars, sous Alexandre II en 1880 pour être plus précis, la police politique russe n’est pas une invention du régime bolchévique. Dès son arrivée sur la scène en 1917, Lénine aura tôt fait d’instrumentaliser cet outil étatique pour asseoir son pouvoir. La violence, nous indique l’auteur, est érigé en système gouvernemental par le fondateur de l’URSS. « La police politique, solidement installée au cœur du nouvel État communiste, n’aura donc pas attendu le règne de Staline pour instaurer le plus terrifiant système de répression politique qu’on eût conçu dans l’histoire des hommes. » En parcourant les premiers chapitres du livre, on constate rapidement que le successeur de Lénine n’avait rien à lui envier en tant que bourreau sanguinaire.

L’un des outils développés par les services de sécurité soviétiques – qui changent périodiquement de nom mais certainement pas de philosophie – se veut une méthode qui deviendra légendaire et qui perdure jusqu’à ce jour: « la désinformation. Le terme vient du mot original russe dezinformatsia, que l’on traduirait sans doute aujourd’hui par « fake news ». On comprend mieux pourquoi Donald Trump raffole tellement de l’expression.

Chemin faisant, la compétence des agents secrets soviétiques permettra notamment à Staline d’avoir la main haute lors la Conférence de Yalta avec Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt. Quelques années plus tard, le KGB (né officiellement le 1er janvier 1954) jouera un rôle déterminant dans l’éviction du Premier secrétaire Nikita Khrouchtchev, reconnu coupable par ses détracteurs de « faiblesses coupables » en octobre 1964. 27 ans plus tard, en ces journées fatidiques du mois d’août 1991 au cours desquelles Mikhaïl Gorbatchev se voit asséner une blessure politique mortelle lors du coup d’État manqué qui dévoilera à la face du monde la faiblesse du père de la perestroïka, le KGB de Moscou fera savoir au grand patron de la Loubianka, Vladimir Krioutchkov, que ses agents ne se saliront pas les mains. Le putsch avortera, l’URSS mourra le 26 décembre suivant et Boris Eltsine prendra les commandes du pouvoir à l’ombre des bulbes multicolores de la place Rouge.

Affublé d’une réputation de faiblesse, le premier président de la Fédération de Russie permettra cependant aux services de conserver leur influence. Tout d’abord, en leur permettant, « […] dans la discrétion, sans faire de vagues, sans faire peur à personne, de rebâtir un jour leur empire – dans une autre époque, sous un autre nom, pour un autre pouvoir. Tel le Phénix, cet oiseau de feu qui, dans la légende, renaît toujours de ses cendres… » Quoi de mieux, pour y arriver, de passer ensuite les rênes du pays à l’un des leurs, le lieutenant-colonel à la retraite et ancien patron du FSB (le Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie, successeur du KGB) Vladimir Poutine, le 31 décembre 1999.

Le livre de Bernard Lecomte permet incontestablement de parcourir les grandes lignes de l’histoire de cette mystérieuse et lugubre agence de sécurité que fut le KGB, notamment des sombres opérations « mouillées » (assassinats, empoisonnements, etc,) qui sont toujours une spécialité de la maison. De manière encore plus importante, il permet aussi surtout de prendre la mesure du poids politique de celui-ci tout au long de l’histoire. Sa plus grande force fut notamment observable, au lendemain de la chute de l’empire soviétique. C’est ainsi que l’auteur évoque que « le Parti est [alors] en miettes, l’armée est en rade, le complexe militaro-industriel est en crise. Reste, dans l’ombre, le KGB. Frustré, humilié certes, mais puissant et uni. » Puissant et uni, il le demeure visiblement toujours sous la gouverne de Vladimir Poutine. Si cet état de fait venait à changer, il y a fort à parier que le maître du Kremlin prendrait probablement le chemin de la retraite.

Le spécialiste des arcanes des pouvoirs soviétique et russe (qui est également un fin connaisseur du Vatican) émaille son propos d’anecdotes croustillantes. Par exemple : « Les beuveries et les orgies sont quotidiennes. Presque tous les tchékistes consomment de la cocaïne. Cela leur permet, disent-ils, de mieux supporter la vue du sang. » Il remet aussi les pendules à l’heure, arguant que le KGB n’y était pour rien dans la tentative d’assassinat perpétrée contre le pape Jean-Paul II sur la Place Saint-Pierre à Rome en 1981. Il nuance enfin la conception selon laquelle le FSB serait le maître du jeu à Moscou, expliquant que le KGB n’a pas pris le pouvoir sur les rives de la Moskova, mais qu’il y est positionné aux premières loges.

Une lecture fascinante et très actuelle, à l’heure où le monde mesure l’ampleur et la portée des manœuvres de la Russie dans les coulisses de la politique internationale. Même s’ils doivent composer avec la réalité d’un statut global réduit par rapport aux belles heures de la Guerre froide, les caciques de la Place rouge n’entendent pas céder un pouce d’influence sur l’échiquier mondial. Les opérations « spéciales » constituent ainsi un moyen privilégié et souvent efficace d’atteindre cet objectif.

Fidèle à son habitude, Bernard Lecomte nous offre une plume précise et agréable. Un livre à lire, pour tous ceux et celles qui veulent comprendre comment on en est arrivés où nous en sommes actuellement. Sous-estimer les descendants du KGB serait et est une grave erreur.

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Bernard Lecomte, KGB : La véritable histoire des services secrets soviétiques, Paris, Perrin, 2020, 376 pages.

Je tiens à remercier Mme Céline Pelletier, de Interforum, de m’avoir transmis un exemplaire de ce livre et à Marie Wodrascka, des Éditions Perrin, pour son assistance toujours empressée.