Le professeur de De Gaulle

Dans son Dictionnaire amoureux du Général (que j’ai l’intention de recenser ici prochainement), le regretté Denis Tillinac citait De Gaulle qui affirmait : « L’homme d’action ne se conçoit guère sans une forte dose d’égoïsme, d’orgueil, de dureté, de ruse. » Cette citation m’a beaucoup tracassé, parce qu’on a souvent tendance à idéaliser les grands personnages. On les imagine au-dessus des défauts affligeant le commun des mortels. Après tout, le souvenir de leurs accomplissements ne permet-il pas à leur mémoire de prendre place dans l’Olympe des consciences?

J’affirme que cette citation m’a tracassé, parce que la lecture du dernier livre de Pierre Servent, De Gaulle et Pétain (Éditions Perrin) a répondu au questionnement qui m’habitait à propos de l’homme du 18 juin.

Figure d’inspiration de nos jours, De Gaulle a néanmoins cumulé une feuille de route parsemée d’animosité. « Détesté par une bonne partie de l’élite de l’armée », « il n’a guère d’amis dans l’armée ». Il peut cependant, au début de son parcours, compter sur le soutien indéfectible d’un père spirituel hors norme – le Maréchal Pétain – qui lui apprend tous les trucs du métier, dont celui d’être un bon comédien. Une excellente école pour le protégé.

L’auteur nous rappelle qu’au sortir de l’École de guerre en 1924, « Son attitude arrogante, ses contre-performances dans l’exécution de certains exercices qu’il juge au-dessous de son talent naturel, sa difficulté à accepter la critique font que la majorité du corps enseignant souhaite le classer en queue de peloton de la promotion de l’École de guerre, dans le troisième tiers, avec la mention « assez bien ». C’est une catastrophe qui ne se remonte jamais dans une carrière militaire déjà mal engagée. »

J’étais pourtant sous l’impression que De Gaulle était un premier de classe…

Trois ans plus tard, le Maréchal l’impose comme conférencier extraordinaire. De quoi faire rager les détracteurs – et on devine qu’ils sont nombreux – du Connétable. La mauvaise réputation de De Gaulle était notamment assortie du fait qu’il était connu pour être un chef très dur et distant envers ses subalternes.

À priori, on serait porté à croire qu’un tel patronage s’accompagnerait d’une loyauté sans faille. Pas pour De Gaulle, dont la boussole personnelle est orientée par son destin et celui de la France. S’il faut trahir une vieille amitié pour y arriver, qu’il en soit ainsi.

En 1938, De Gaulle fait accepter le manuscrit de La France et son armée par un éditeur, Plon, lequel ignore « […] que son nouvel auteur publie un texte qui, d’une certaine façon, appartient à un autre […] ». Le livre résultant d’une commande passée du maréchal sera publié et la rupture entre les deux hommes sera irrémédiablement consommée. Le vin est tiré… Et la table est mise pour la scène légendaire qui se jouera quelques mois plus tard.

De Gaulle n’a pas hésité à grimper sur les épaules de son protecteur pour se hisser au faîte de la gloire, une gloire néanmoins chèrement acquise dans les sacrifices encaissés sur la route de l’exil pendant la Seconde Guerre mondiale.

Lorsqu’il aborde le thème de l’orgueil – une caractéristique arborée fièrement par les deux protagonistes de son récit – Pierre Servent se déploie à multiplier les qualificatifs : cosmique, incommensurable, sans bornes, immense, puissant, d’airain, himalayen… Mais aussi bafoué et blessé. Comme pour nous rappeler que le destin des grands personnages est forgé au feu des épreuves et que les orgueils surdimensionnés constituent un rempart protégeant une sensibilité ne voulant pas s’exposer. Des épreuves que tout un chacun peu à peine imaginer. Je repense, en écrivant ces mots, à la séquence du film mettant en vedette Wilson Lambert et Isabelle Carré – que j’ai eu le privilège de visionner avant son retrait des salles de cinéma du Québec à cause de la COVID-19 – au cours de laquelle on voit le personnage principal quitter fin seul la France en juin 1940.

Pour devenir un artisan de l’histoire, De Gaulle avait compris qu’il ne faut pas être aimable et docile, mais qu’il fallait savoir ramer à contre-courant, contrairement à son ancien mentor qui profitait de la vie bonne dans la thermale Vichy.

Le maréchal Pétain fut certes le professeur généreux du Général de Gaulle dans la période formatrice de sa vie. La capacité de l’élève à se démarquer – certains diront à tuer la figure – du maître, lui aura permis de se détacher de tout en juin 1940 pour mieux attacher son wagon à la locomotive de l’histoire.

Sous la plume animée de cet éminent spécialiste en histoire militaire – qui nous a réservé d’autres bons livres comme une excellente biographie du Feld-maréchal Erich von Manstein et L’extension du domaine de la guerre que j’avais beaucoup apprécié – on apprend que le destin a un prix, celui de ne croire qu’en soi. Contre vents et marées. Une leçon puissante, surtout en cette période difficile.

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Pierre Servent, De Gaulle et Pétain, Paris, Éditions Perrin, 2020, 224 pages.

Je remercie Mme Marie Wodrascka, des Éditions Perrin, qui m’a aimablement fourni un exemplaire de cet excellent livre.

De Gaulle, cet indocile

DeGaulleCointet2Winston Churchill a toujours occupé les premières loges de ma passion de l’histoire. Sa relation avec Charles de Gaulle m’a toujours fasciné, notamment en raison des nombreuses similitudes entre ces deux grands : impulsivité, génie, mélancolie passagère, éloquence, sens de l’histoire, caractère rebelle et j’en passe.

Mais De Gaulle ne serait pas devenu De Gaulle sans juin 1940 et, dans une certaine mesure, sans Churchill. Au moment de l’Appel du 18 juin, les deux hommes se distinguent pourtant par une feuille de route bien différente. Jean-Paul Cointet, dans son fascinant livre De Gaulle : Portrait d’un soldat en politique résume que lorsque le Général effectue ses premiers pas dans les arcanes de Whitehall, le Britannique et le Français cumulaient respectivement « […] trente-cinq ans d’expérience politique, de l’autre un tout récent sous-ministre. »

C’est dire à quel point De Gaulle a été contraint de se dépasser et de lutter pour assurer non seulement les intérêts de la France combattante, mais également les siens sur le plan personnel et ce, même si les deux peuvent facilement apparaître comme ayant été identiques, tellement le militaire français incarnait pratiquement à lui seul le mouvement dont il avait pris la tête.

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Napoléon, le moine militaire

BaronFainMémoiresNapoléon fascine notamment par son génie militaire et l’empreinte qu’il a laissé dans l’histoire. Mais ce qui m’a toujours fasciné davantage, c’est l’homme et ses ressorts. Qu’est-ce qui le motivait, comment pensait-il et comment travaillait-il? Je piaffais donc d’impatience de plonger dans la récente édition des Mémoires du Baron Fain – qui fut l’un de ses plus proches collaborateurs – et qui viennent d’être éditées par l’historien et Napoléonologue Charles-Éloi Vial.

Dans un échange avec lui, l’auteur me précisait que Fain « fait partie de la « galaxie » napoléonienne, au même titre que Méneval, Duroc, Daru ou encore Bacler d’Albe ou Mounier. Ce sont les personnages qui se sont fait apprécier de l’Empereur pour leur ardeur au travail, leur efficacité et leur discrétion. Et comme Napoléon n’aime pas les nouvelles têtes, il les garde avec lui le plus longtemps possible. »

Outre l’admiration de Fain envers ce patron à qui il reconnaît des qualités de grande générosité, de méticulosité et de vaillance – l’expression « travailleur infatigable » revenant à quelques reprises – j’ai surtout été fasciné par les habitudes de lecture de celui que l’auteur compare à un « moine militaire » (j’adore l’expression), « gouvernant et administrant un empire immense du fond d’un cabinet secret, que cette retraite soit dérobée aux yeux par les lambris d’un palais ou par les rideaux d’une tente. » L’auteur l’évoque clairement et nous fait bien sentir au fil des pages que ce sanctuaire est l’endroit où Napoléon était le plus à l’aise pour travailler. Dans une dynamique régimentée dont les contours sont effectivement comparables à ceux de la vie monastique. Et c’est dans ce contexte qu’il l’a côtoyé.

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Wellington, seul vainqueur de Waterloo?

WaterlooThierryLentzL’été 2014 fut le plus beau de ma vie, en ce qu’il m’a offert le privilège de visiter une multitude de champs de bataille et lieux historiques sur le continent européen. De ceux-ci, Waterloo figurait en tête de liste. Ayant toujours nourri un vif intérêt envers le Duc de Wellington, j’étais fasciné de passer une bonne heure dans ce que fut son quartier général à l’époque (et qui porte maintenant le nom de Musée Wellington).

Ayant habité en Écosse pendant plusieurs mois suite à cette visite, j’avais accès à plusieurs livres publiés à propos de la légendaire bataille sur les mornes plaines – les Britanniques étant friands de commémorer leur contribution à la défaite de l’Aigle. Un bel après-midi d’hiver, alors que je me trouvais dans une librairie d’Édimbourg, mon regard se posa sur un petit livre de l’historien Brendan Simms portant sur la contribution des hommes de la King’s German Legion dans la défense de la ferme de la Haye Sainte – laquelle fut cruciale dans la victoire de Wellington et ses lieutenants.

Je me propose de rédiger quelques lignes bientôt à propos de cet ouvrage, mais je me limiterai ici à mentionner qu’il m’a ouvert les yeux sur le fait que Waterloo n’est pas exclusivement une victoire britannique, et ce, avec tout le respect que je dois à mes ancêtres écossais qui ont pris part à la bataille.

Cet état de fait est également soulevé de manière très éloquente par l’historien Thierry Lentz – qui est également directeur de la Fondation Napoléon – dans son excellent livre sur la bataille de Waterloo.

Après son retour aux Tuileries le 20 mars 1815, l’ancien Empereur déchu veut, selon les propos de l’auteur « convaincre l’Europe qu’il était décidé à vivre en paix avec elle, dans les frontières négociées en 1814 et sans velléité de reconquête d’aucune sorte. » Les participants du Congrès de Vienne refusent et « […] Napoléon devait en effet, une fois de plus, jouer son trône sur un coup de dés. »

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La définition du courage: Les soldats du Débarquement

SoldatsDDay_GilesMiltonJe me suis souvent posé la question à savoir comment se sentaient les soldats qui ont été parachutés et qui sont débarqués en Normandie dans le cadre de l’Opération Overlord. À la fin de l’été 2015, j’ai eu l’immense privilège de fouler le sable de Juno Beach, le secteur canadien du débarquement. Après la visite d’une position fortifiée, nous nous sommes dirigés sur la plage avec notre guide. J’ai alors été envahi d’un double sentiment. Je ressentais d’une part une très grande fierté de savoir que les bottes canadiennes ont traversé ce sol sacré pour libérer l’Europe de la horde brune. D’autre part, je ne pouvais m’empêcher de me demander comment ces hommes se sentaient au moment d’accomplir le destin auquel leur dévouement les appelait.

J’ai visionné la série Band of Brothers à d’innombrables reprises, ainsi que le film Saving Private Ryan avec l’incomparable Tom Hanks. Pour tout dire, l’épopée du débarquement en Normandie me fascine au plus haut point et j’ai lu quantité de livres sur le sujet. Mais aucun n’avait répondu à cette lancinante question qui m’habitait depuis des années.

Avant le début de la pandémie de la Covid-19, je me suis procuré un exemplaire du livre D-Day : Les soldats du Débarquement de l’historien écrivain britannique Giles Milton. D’abord à cause du sujet, mais aussi parce que j’apprécie particulièrement cet auteur qui donne toutes ses couleurs à la bravoure des hommes et des femmes en temps de guerre. Je vous parlerai un jour de son fameux Les saboteurs de l’ombre : Le guerre secrète de Churchill contre Hitler.

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The reading habits of Vladimir Putin

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Russian President Vladimir Putin (source: Alexei Druzhinin/ Pool Sputnik Kremlin/Associated Press)

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The blogosphere is a jungle in which the blogger has to make his or her way. We depend on the interest we generate, beneficiaries of our readership.

For my part, I am constantly looking for subjects to discuss, books to devour and review and authors or historical figures to interview.

Upon closer examination of this blog, you will notice I am very interested in Russia, its history and its political life, especially its president.

A few weeks ago, I made a crazy bet, arousing the doubtful gaze of my loved ones. I got in touch with the Kremlin Press Office, asking if they would be willing to answer a few questions for this blog. To my surprise and delight, this request was met favourably, a privilege bestowed on few people I am sure.

The importance of this interview is not so much based on its content – one would have to be disconnected from reality to think that the assistants of the Russian President who work behind the mythical walls of the Kremlin will entrust secrets to a modest blogger – but rather on the fact that I got a response.

I am therefor very grateful toward the Press and Information Office of the President of the Russian Federation. Here is the Q&A about President Putin, followed by the French version of this exchange.

Who are President Putin’s favorite historical figures and why?

Generally the President is seriously interested in Russian history, although he has deep knowledge in world history, especially the history of the European continent. Vladimir Putin has sympathy for many statesmen in the history of our country, but perhaps most often in this regard he mentions Peter I. The role of Peter the Great can hardly be overestimated, it was him who laid the foundation of Russian Eurasianism [Editor’s note: a political ideology positioning Russia’s re-emergence as a conservative world power in opposition to the hegemony of the west and its values], which became the forerunner of the modern Russian state.

What is or what are his favorite(s) books / biographies? Continue reading “The reading habits of Vladimir Putin”

FDR was a role model for Vladimir Putin

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LA VERSION FRANÇAISE SUIT

After reading his insightful, well-written and gripping book about President Vladimir Putin, I asked Professor Mark Galeotti if he would accept to answer a few questions for this blog. He swiftly agreed and I’m very grateful for the generosity of his time. Here is the content of our exchange.

Many sincere thanks Pr. Galeotti for accepting to respond to a few questions for my blog.

His very privacy means we all get to imagine our own personal Putin…

PutinMarkGaleottiOn page 22 of your excellent book about President Putin, you write “If people think you are powerful, you are powerful.” On page 53, you refer to “purposeful theatricality”. In your book, Putin doesn’t come across as a bad person. Is there an important difference between the public and private persona of the Russian President? How is Mr. Putin different in private than what he shows in public?

The thing is that we really have very little sense of the true private self of Vladimir Putin: he absolutely protects that side of his life, and instead what we see is a guarded and carefully managed public persona. I think that for all the opulence of his lifestyle – the palaces, the personal staff, the thousand-dollar tracksuits – he is actually something of a lonely and distant figure, now almost trapped within the public persona, but this is very much my own imagining. In a way, that’s the point: his very privacy means we all get to imagine our own personal Putin…

On page 75, you debunk the notion that Vladimir Putin is some kind of social conservative (he notably upholds abortion rights), arguing that he is a pragmatist first. This notion is unfortunately not widely known in the West. Why do you think observers and commentators still hold to the notion that he is some kind of conservative ideologue?

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The Russian Phoenix

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Russian President Vladimir Poutine carrying his father’s picture during the March of Immortal Regiment that is held every year on the occasion of Victory Day (source: TASS News Agency).

“Russia is like a phoenix: it repeatedly turns to ashes only to be reborn in some new guise”. In itself, this quote from Dmitri Trenin’s recent book encapsulates why we need to continually learn more about the history of this country, which is, whether we like it or not, one of the great powers jockeying for influence in today’s world.

There has been a tendency, after the dismantling of the USSR in the early 1990s, to assume that the Soviet régime has been a failure and that its architects had failed, automatically sending their statecraft experiment to the dustbin of history. Dmitri Trenin gives plenty of material to those who do not subscribe to that school of thought.

RussiaDmitriTreninI will always be amazed at how Lenin succeeded in carrying the day in the Fall of 1917, with only a handful of followers. But one of the main characteristics of the first Soviet leader, according to the author, who is also Director of the Carnegie Moscow Center, was that “Lenin’s political genius lay in his uncanny ability to adapt to fast-changing circumstances.” In a nutshell, he was a pragmatist who knew how to fill the void of leadership at a crucial time. The same could be said about his successor, Stalin, who “[…] reversed his stance on the Russian Orthodox Church” during the Great Patriotic War, when he realized that religion was a glue that could mobilize the people behind the war effort.

As a fan of Mikhail Gorbachev since my youth, I therefore found it hard to read Dmitri Trenin’s assessment of the last leader of the USSR. Between the lines, one can understand that the chief proponent of Perestroika was not a pragmatist and a student of Realpolitik because the country “[…] was by no means doomed, but it required a leader who could act decisively, albeit thoughtfully, professionally, and very carefully. What it got instead was a dreamer.” Ouch.

In the darkest hours of its history, Russia needs “strong leadership and discipline [to keep] the country together.”

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Comprendre le pouvoir russe

MarcWithGorby
L’auteur photographié en compagnie de l’ancien président Mikhaïl Gorbatchev en 2011.

À quelques jours de mes 17 ans, en août 1991, j’apprenais que le dirigeant soviétique Mikhail Gorbatchev était victime d’un coup d’État. Fasciné que j’étais par tout ce qui concernait ce pays et son histoire, il n’en fallait guère plus pour m’inquiéter au sujet de ce leader admiré, mais aussi de me fasciner de ce que cet événement signifiait dans la grande trame de l’histoire du pays des tsars. À l’époque, nous ne disposions pas de toutes les plateformes médiatiques permettant de suivre l’évolution du putsch en temps réel – mis à part les bulletins de nouvelles à la radio. Je m’étais donc employé à téléphoner, plusieurs fois par jour, à la salle de rédaction du quotidien local pour m’enquérir des développements à Moscou et en Crimée, là où Gorbatchev était retenu contre son gré. Fort probablement au grand désespoir du directeur de l’information qui me répondait toujours généreusement.

Le Kremlin et ses locataires m’ont toujours fasciné. Je raffole depuis mon jeune âge de lectures détaillant les intrigues ourdies au sommet du pouvoir rouge et permettant de mieux connaître les grandes figures qui en étaient la cause.

SecretsduKremlinC’est avec un peu de retard, mais ô combien de plaisir que j’ai dévoré Les secrets du Kremlin 1917-2017 sous la plume avertie de l’historien et journaliste Bernard Lecomte. Les 16 chapitres de ce livre agrémenté par l’une des plumes les plus agréables qu’il m’ait été donné d’apprécier permettent de franchir les murs de cette enceinte dont l’aura de mystère fait non seulement sa réputation historique, mais lui confère également son influence.

L’idée principale que j’en retiens est que, pour arriver au pouvoir en Russie et y demeurer, il faut savoir jouer de ruse et ne jamais baisser la garde. Bernard Lecomte nous permet à cet égard de marcher sur les pas d’un Lénine prenant le pouvoir à force d’obstination et malgré une révolution mal préparée. Et d’un Nikita Khrouchtchev qui prend les commandes de l’État en 1953, mais « […] en qui personne ne voit encore un leader de premier plan. » Pour revenir au putsch de 1991, ce moment charnière aura permis à un Boris Eltsine sous-estimé par les comploteurs de devenir une figure incontournable en se hissant sur un char d’assaut. Et que dire de ce Vladimir Poutine relativement inconnu qui devient maître des lieux en exhibant la jeunesse et la vigueur devant un Eltsine malade et au bout de ses forces, alors les 12 coups de minuit sonnent l’arrivée de l’an 2000 sur la Place Rouge? Dans ce registre, force est d’admettre que le meilleur chapitre est celui (tout simplement savoureux) où l’historien relate la partie d’échecs entre Staline et De Gaulle.

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Napoléon et La Marseillaise

LaMarseillaise
Source: https://www.defense.gouv.fr/terre/actu-terre/archives/la-marseillaise-et-la-fete-nationale

En ce 199e anniversaire de la disparition de Napoléon du monde terrestre, il est approprié de publier un billet au sujet de l’Empereur aujourd’hui.

ThierryLentz_FondationNapoleon
Thierry Lentz (source: Fondation Napoléon)

Je suis abonné à la Lettre hebdomadaire de la Fondation Napoléon, dont la lecture me procure toujours énormément de plaisir. Depuis aussi loin que je me souvienne, j’aime l’hymne national français, La Marseillaise. Ses accents militaristes rejoignent toujours mes dispositions favorables envers la Res Militaris. Vendredi dernier, le directeur de la Fondation et éminent historien Thierry Lentz y publiait un excellent article portant justement sur les origines de l’hymne composé par Rouget de l’Isle, lesquelles m’étaient jusqu’alors inconnues. Je sais, c’est scandaleux.

Thierry Lentz publiera un Dictionnaire historique sur Napoléon en septembre prochain chez Perrin.

L’auteur, dont j’ai recensé le livre Le diable sur la montagne : Hitler au Berghof 1922-1944 il y a deux ans, me confiait d’ailleurs que son prochain livre : Napoléon. Dictionnaire historique sera publié le 3 septembre chez Perrin.

Inutile de vous confier que suis déjà impatient de mettre la main sur un exemplaire.

D’ici là et parce que Bonaparte, en son temps, a, lui aussi passé un printemps difficile, je crois que je vais relire Les vingt jours de Fontainebleau : La première abdication de Napoléon 31 mars – 20 avril 1814. Un autre excellent livre sous la plume de cet auteur fort sympathique.

D’ici là, bonne lecture!

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