Jens Stoltenberg and the “Trump Effect”

Prima facie, the relationship between President Donald Trump and NATO is delicate. The role of Secretary General of the organization is anything but a sinecure. Yet the relationship between the resident of Avenue Louise in Brussels and the occupant of 1600 Pennsylvania Avenue in Washington stands out for its closeness. In Le Figaro, the astute journalist Florentin Collomp even wrote that Mark Rutte “is probably the only European capable of influencing the will of the President of the United States.” And as Collomp notes, it was following a meeting with NATO’s Secretary General at the Davos Forum that Donald Trump announced his dramatic reversals on Greenland and tariffs. Personal relationships are clearly crucial in international relations—especially with the US President. We could even say any US President.


This may come as a surprise to some, yet the closeness between the American statesman and the captain of the NATO ship fits within a clear continuum. In his memoirs, Jens Stoltenberg—former Norwegian Labour Prime Minister and current Finance Minister—describes a relationship that, exhausting as it may have been, proved beneficial. Stoltenberg, who accepted the post at Barack Obama’s invitation and had his term renewed under both Donald Trump and Joe Biden, candidly admits in his memoir, On My Watch: Leading NATO in a Time of War (Norton) to having adopted a strongly critical stance toward the United States in his youth. He also confesses to underestimating the chances of victory of the real estate mogul. Jens Stoltenberg is certainly no MAGA sympathizer—but his assessment is unambiguous: “When Donald Trump’s first term as President came to an end, NATO was stronger than it had been when he took office.” Intriguing, isn’t it?

Continue reading “Jens Stoltenberg and the “Trump Effect””

Le réalisme de Donald Trump

Je suis plongé depuis quelques jours dans la biographie de Turenne, ce grand capitaine qui figurait parmi les figures héroïques qui ont inspiré Napoléon, par Arnaud Blin. L’auteur y expose que la formation de son sujet a coïncidé « avec l’apogée du « siècle de fer », période allant du milieu du XVIe siècle à la seconde moitié du XVIIe siècle », une époque faste dans l’histoire de la polémologie. Observant, dans une lecture collée sur l’actualité, le glissement du monde vers ce qu’il qualifie de « logiques impériales », Dominique de Villepin écrit, dans son dernier ouvrage Le Pouvoir de dire non, que « nous sommes entrés dans un nouvel âge de fer ». Quatre siècles séparent la vie de Turenne du parcours de l’ancien premier ministre français, mais la compréhension de la géopolitique qui tient les rênes de la gouvernance du monde n’a rien perdu de son importance — de sa nécessité.

Les rayons des librairies sont bien garnis de toutes ces couvertures qui affichent le mot géopolitique. Dans le contexte actuel, c’est à la fois pertinent et vendeur. Étant moi-même féru du sujet, j’y succombe volontiers. L’un des meilleurs titres qu’il m’a été donné de dévorer récemment est le Nouveau dictionnaire amoureux de la géopolitique (Plon), d’Hubert Védrine, qui fut aux premières loges de la vie internationale auprès du président François Mitterrand — en tant que proche conseiller — puis de Jacques Chirac, comme ministre des Affaires étrangères durant la cohabitation avec Lionel Jospin.

poursuivre la lecture

Chefs d’État lecteurs et écrivains

Le général d’armée Henri Bentégeat (source: Alchetron)

Quelques jours avant Noël, le général d’armée Henri Bentégeat m’a fait un très beau cadeau pour mon blogue. Cet auteur est un ancien chef de l’état-major particulier du président de la République qui a ensuite servi en tant que chef d’état-major des armées (France). Plus récemment, il est l’auteur de deux excellents ouvrages Chefs d’État en guerre (2019) et Les ors de la République(2021) – tous deux publiés chez Perrin. Le général m’a donc offert un texte inédit pour publication sur ce blogue. Le thème, vous l’aurez deviné, porte sur les appétences littéraires des chefs d’État. Une lecture fascinante et inspirante, sous la plume d’un auteur que j’admire beaucoup et envers lequel je suis infiniment reconnaissant pour son amitié envers ce blogue.

C’est donc avec un immense plaisir que je partage ce texte avec vous aujourd’hui.

En France, le Prince, qu’il soit monarque ou président de la République, n’a pas le choix de ses goûts et de ses inclinations. Il se doit d’afficher une vaste culture littéraire et artistique, de peur de perdre l’estime de ses concitoyens, tant chez nous, depuis des siècles, la culture est attachée au pouvoir.

poursuivre la lecture