How MBS Reshapes His Kingdom and the World

“If you don’t stand out, you might as well disappear”, said Saudi Crown Prince Mohammed bin Salman. Since the beginning of the reign of his father, King Salman bin Abdulaziz Al Saud, the rise of the heir to the throne has been nothing short of meteoric. In an informative and enthralling new biography, veteran journalist Karen Elliott House seeks to explain the forces that shaped him. Moving with speed, innovation, and determination, MBS has become an essential piece on the international chessboard.

After King Abdullah’s death in January 2015, the young prince moved quickly to consolidate his father’s prerogatives as the new sovereign—so much so that “King Salman and his son are indisputably the strongest rulers in the history of Saudi Arabia”. As the sixth son of the new king, MBS would not normally have been expected to become heir to the throne. But that is precisely the point: he was not supposed to. He outmaneuvered any potential opposition to his father’s reign—over which he came to wield decisive influence—neutralizing roadblocks from extended family members, religious fundamentalists, and other detractors. One of the most striking examples of his boldness unfolded at Riyadh’s Ritz-Carlton on the night of November 4, 2017, when what began as a financial discussion ended with what could be described as a tax readjustment to correct wrongdoing. As a student of history, MBS heeded Singapore’s founding father Lee Kuan Yew’s advice to clean the stairs starting at the top.

Continue reading “How MBS Reshapes His Kingdom and the World”

L’Iran, pivot entre les puissances

« L’entité iranienne est un rouage essentiel entre les grandes plaques tectoniques du système international ». Cette observation pourrait aisément s’appliquer à l’opération Epic Fury lancée le 28 février dernier par les États-Unis en collaboration avec Israël, mais elle émane du propos du livre de Christian et Pierre Pahlavi, Le Pont de la victoire : L’Iran dans la Seconde Guerre mondiale (Éditions Perrin). Paru en 2023, mais toujours d’une brûlante actualité, ce livre permet de constater que l’Iran n’en est pas à son premier épisode en tant que « pion stratégique » entre les puissances.

À la veille du conflit qui embrasera la planète au crépuscule des années 1930, les auteurs – de fins connaisseurs de l’histoire politique du pays – relatent que le souverain iranien Reza Chah souhaite « s’affranchir de l’emprise britannique ». Cet état d’esprit se manifeste notamment « en juin 1940, alors que se profile la défaite de la France, [et que] Téhéran durcit sa politique envers Londres en lui réclamant le remboursement d’une dette de 4 millions de livres sterling. » Agenouillée dans l’un des pires moments de son histoire, Albion n’oubliera pas cet affront, qui se paiera comptant.

poursuivre la lecture

Le réalisme de Donald Trump

Je suis plongé depuis quelques jours dans la biographie de Turenne, ce grand capitaine qui figurait parmi les figures héroïques qui ont inspiré Napoléon, par Arnaud Blin. L’auteur y expose que la formation de son sujet a coïncidé « avec l’apogée du « siècle de fer », période allant du milieu du XVIe siècle à la seconde moitié du XVIIe siècle », une époque faste dans l’histoire de la polémologie. Observant, dans une lecture collée sur l’actualité, le glissement du monde vers ce qu’il qualifie de « logiques impériales », Dominique de Villepin écrit, dans son dernier ouvrage Le Pouvoir de dire non, que « nous sommes entrés dans un nouvel âge de fer ». Quatre siècles séparent la vie de Turenne du parcours de l’ancien premier ministre français, mais la compréhension de la géopolitique qui tient les rênes de la gouvernance du monde n’a rien perdu de son importance — de sa nécessité.

Les rayons des librairies sont bien garnis de toutes ces couvertures qui affichent le mot géopolitique. Dans le contexte actuel, c’est à la fois pertinent et vendeur. Étant moi-même féru du sujet, j’y succombe volontiers. L’un des meilleurs titres qu’il m’a été donné de dévorer récemment est le Nouveau dictionnaire amoureux de la géopolitique (Plon), d’Hubert Védrine, qui fut aux premières loges de la vie internationale auprès du président François Mitterrand — en tant que proche conseiller — puis de Jacques Chirac, comme ministre des Affaires étrangères durant la cohabitation avec Lionel Jospin.

poursuivre la lecture

Xi et Poutine dans le temps long

Dans une tribune publiée ces derniers jours, le politologue américain Seth G. Jones soulignait que la trajectoire des relations entre la Russie et la Chine apparaît avec une clarté renouvelée, marquée par un rapprochement soutenu dans les domaines politique, militaire et économique. Cette complicité entre Xi Jinping et Vladimir Poutine contribue à redessiner, sous nos yeux, les contours d’un nouvel équilibre géopolitique. Par sa nature, sa portée et le contexte dans lequel elle s’inscrit, cette dynamique mérite toute notre attention.

L’ancienne ambassadrice de France à Pékin et à Moscou, Sylvie Bermann, se penche sur cette proximité dans L’Ours et le Dragon : Chine-Russie : Histoire d’une amitié sans limites ? (Tallandier). Elle y brosse un portrait éclairant de la relation de la Chine avec les grandes puissances et de son ascension progressive dans ce cercle restreint. Car avant de se poser en compétitrice des États-Unis, Pékin a longtemps été ballottée au gré des intérêts des puissances dominantes des époques successives. À cet égard — et ce n’est pas le moindre des mérites de l’ouvrage — l’auteure convoque Hergé qui, dans Le Lotus bleu, plonge Tintin au cœur des événements entourant l’invasion japonaise du sud de la Mandchourie en 1931. Comme quoi le jeune journaliste francophone figurera toujours parmi les grandes figures géopolitiques du XXᵉ siècle.

poursuivre la lecture