« Xi Jinping est, hélas, le chef d’État actuel le plus impressionnant » – général Henri Bentégeat

Le Général (à la retraite) Henri Bentégeat (source: Alchetron)

Dans la foulée de ma recension de l’excellent livre Les ors de la République (Éditions Perrin) du général d’armée (à la retraite) Henri Bentégeat, j’ai soumis quelques questions à son attachée de presse. Très aimablement, il s’est empressé d’y répondre. C’est donc avec grand plaisir que je partage cet entretien avec vous.

Mon général, j’ai dévoré Les ors de la République avec énormément d’intérêt et de fascination. Vous y brossez un portrait fascinant des présidents François Mitterrand et Jacques Chirac. Mais comme vous avez naturellement côtoyé des chefs d’État étrangers, je me demandais lequel vous avait le plus impressionné et pourquoi?

Ayant côtoyé de nombreux chefs d’État, avec Jacques Chirac ou en tant que chef d’état-major des armées, j’ai quelque peine à désigner celui ou celle qui m’a le plus impressionné. Avant la campagne aérienne contre la Serbie qui a révélé son messianisme exalté, j’aurais volontiers cité Tony Blair, tant son enthousiasme souriant, sa simplicité et sa maitrise des dossiers me séduisaient. Je retiens donc plutôt Cheikh Zayed que j’ai rencontré au soir de sa vie. Celui qui présidait au destin des Émirats arabes unis, avait un charisme peu commun et sa sagesse proverbiale s’exprimait avec une douceur ferme et souriante, ouverte au dialogue sans céder sur l’essentiel. Chirac vénérait ce grand modernisateur respectueux des traditions et faiseur de paix.

Les présidents et leurs conseillers ayant pris goût à la disponibilité et à la discrétion du personnel militaire, le ministère de la Défense a été invité à détacher à l’Élysée des chauffeurs, des secrétaires, des maîtres d’hôtel et des rédacteurs pour le service du courrier…
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La sérénité de Jacques Chirac

Le général Henri Bentégeat (à droite sur la photo) accompagnant le président Jacques Chirac dans son command-car le 14 juillet 2005 (Photo par Sebastien DUFOUR / Gamma-Rapho via Getty Images)

Allons enfants de la patrie…

Chaque 14 juillet, une partie de mon cœur se tient aux abords de l’avenue des Champs-Élysées et bat au rythme du magnifique défilé militaire qui y déambule. La fête nationale de la France a toujours été un moment fort pour moi. Un jour, je me promets d’y assister en personne.

Cette année, j’ai donc pensé solliciter le concours d’un auteur français dont j’admire beaucoup le parcours et le talent à nous livrer ses impressions sur cette journée importante.

Dans son excellent livre Les ors de la République, le général Henri Bentégeat, qui fut chef de l’état-major particulier du président de la République du 30 avril 1999 au 2 octobre 2002 et chef d’état-major des Armées (CEMA) du 30 octobre 2002 au 3 octobre 2006, partage avec ses lecteurs plusieurs aspects fascinants et révélateurs de la personnalité du président Jacques Chirac. Je pense notamment au fait où mention est faite que « ses voyages préférés » étaient « ses visites aux armées ». Et que la Défense était l’un des domaines « qu’il aimait le plus ». Dit autrement, Jacques Chirac était à l’aise et heureux auprès de la troupe. Il était donc naturellement dans son élément lors du défilé du 14 juillet.

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La grammaire du pouvoir

Les ors de la République : Souvenirs de sept ans à l’Élysée (Perrin) a retenu mon attention parce que j’avais de très bons commentaires à propos des talents littéraires de son auteur, le Général Henri Bentégeat. Après en avoir terminé la lecture, je dois avouer que je n’ai pas été déçu. Loin de là.

Toujours intéressé par tout ce qui entoure la Res militaris, je souhaitais naturellement me renseigner davantage à propos de celui qui fut le trait d’union entre les forces armées et les présidents Mitterrand et Chirac. J’ai toujours admiré le premier et j’avais toujours cultivé une distance avec le second. Le Général Bentégeat m’a permis de rencontrer dans ses pages un personnage beaucoup plus complexe et profond que l’impression qui m’en était donnée, mais là n’est pas l’essentiel de mon propos.

À vrai dire, c’est avec délectation que j’ai sillonné les scènes du pouvoir esquissées dans le style invitant et parfois acéré de l’auteur. Pour tout dire, Mitterrand s’amuse toujours à observer les membres de son entourage conjuguer la grammaire du pouvoir. Lors d’un déjeuner avec le Sphinx (surnom donné à François Mitterrand pour sa capacité à toujours bien cacher son jeu), l’adjoint de son chef d’état-major particulier se retrouve assis à côté de lui. Voici la suite :

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