Yossi Cohen: From the Shadows to the Hustings

In the new world order that is taking shape, the special relationship between Israel and the United States remains paramount. To paraphrase Sir Winston Churchill’s description of his relationship with President Franklin D. Roosevelt, “No lover ever studied every whim of his mistress” as closely as Benjamin Netanyahu did those of President Donald Trump. It therefore came as no surprise that the Israeli Prime Minister celebrated the arrival of 2026 last week at Mar-a-Lago. No one can dispute that Bibi is unparalleled when it comes to possessing a keen sense of history. But no statesman is eternal, and some actors are already jockeying to succeed him.

Former Mossad director Yossi Cohen is said to be among them, and the publication of his riveting memoir—The Sword of Freedom: Israel, Mossad, and the Secret War (Broadside Books)—will do little to calm speculation about a potential bid. The narrative spans forty-two years of service to Israel, at the heart of some of its most secret operations, including the iconic 2018 mission in which Mossad operatives seized Iran’s nuclear archives from a clandestine warehouse south of Tehran. Cohen notably served under the legendary Meir Dagan—who took him under his wing and is believed to have later recommended him to Prime Minister Netanyahu as a successor—and his aptitude for human relations, clearly a strength, naturally pointed him toward public life.

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Le caractère bien trempé de JFK

Les 3 et 4 juin 1961, John F. Kennedy rencontre pour la première fois son vis-à-vis soviétique Nikita Khrouchtchev à Vienne. Ce sommet ne se déroule pas sous les meilleurs auspices pour celui qui occupe la Maison-Blanche depuis moins de six mois. Quelques semaines plus tard, dans la nuit du 12 au 13 août, le Mur de Berlin sort de terre sur ordre de Moscou. De ces deux épisodes, le maître des horloges du Kremlin pouvait déduire « qu’il avait décidément affaire à un interlocuteur pouvant être intimidé à peu de frais. Et que l’installation de missiles soviétiques à Cuba ne provoquerait pas de réaction à la Maison-Blanche qui se résignerait sans doute, mise face au fait accompli », pour citer l’observation de Georges Ayache dans son dernier livre Cuba 1962 – La crise des missiles (Éditions Perrin).

Au-delà de l’affrontement géopolitique, la crise des missiles se veut un choc générationnel. 23 ans séparent les deux protagonistes. En comparaison avec le tempérament remuant de l’ancien séide de Staline, le chef de file du Parti démocrate affiche une santé des plus précaires. À cet égard, l’auteur évoque la présence dans l’entourage présidentiel immédiat du « responsable du fameux sac en cuir brun marqué « effets personnels du président » qui contenait les médicaments à tenir en permanence à la disposition de JFK en dehors du bureau Ovale. » On en dénombrait une dizaine… Il est donc aisé de le mésestimer. Mais le 35e président a été blanchi sous le harnais des épreuves.

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Xi et Poutine dans le temps long

Dans une tribune publiée ces derniers jours, le politologue américain Seth G. Jones soulignait que la trajectoire des relations entre la Russie et la Chine apparaît avec une clarté renouvelée, marquée par un rapprochement soutenu dans les domaines politique, militaire et économique. Cette complicité entre Xi Jinping et Vladimir Poutine contribue à redessiner, sous nos yeux, les contours d’un nouvel équilibre géopolitique. Par sa nature, sa portée et le contexte dans lequel elle s’inscrit, cette dynamique mérite toute notre attention.

L’ancienne ambassadrice de France à Pékin et à Moscou, Sylvie Bermann, se penche sur cette proximité dans L’Ours et le Dragon : Chine-Russie : Histoire d’une amitié sans limites ? (Tallandier). Elle y brosse un portrait éclairant de la relation de la Chine avec les grandes puissances et de son ascension progressive dans ce cercle restreint. Car avant de se poser en compétitrice des États-Unis, Pékin a longtemps été ballottée au gré des intérêts des puissances dominantes des époques successives. À cet égard — et ce n’est pas le moindre des mérites de l’ouvrage — l’auteure convoque Hergé qui, dans Le Lotus bleu, plonge Tintin au cœur des événements entourant l’invasion japonaise du sud de la Mandchourie en 1931. Comme quoi le jeune journaliste francophone figurera toujours parmi les grandes figures géopolitiques du XXᵉ siècle.

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François au crépuscule

« Gouverner épuise », constate Marco Politi dans son livre François. l’Église déchirée (Plon), au sujet pontife disparu le lundi de Pâques, 21 avril 2025. Bien que cette remarque concerne tous les dirigeants, elle s’impose avec une intensité incomparable pour une figure dont le destin fut de marcher sur les lignes de crête d’une institution réunissant plus de 1,4 milliard de croyants à travers les cinq continents.

Qu’il s’agisse des passes d’armes entre progressistes et conservateurs ou de la méfiance nourrie par une génération montante, rétive aux structures personnifiées par une figure de proue perçue comme autocratique et « à qui l’on reproche souvent son manque de mysticisme » — comme s’il s’agissait d’un péché capital —, cet expert ès affaires vaticanes rappelle que « les guerres intestines sont souvent féroces. » Marco Politi en retrace les contours avec la précision d’un astrophysicien scrutant la Voie lactée. Ainsi, au fil des pages, on prend la mesure du « vent violent » qui aura soufflé contre François jusqu’à la toute fin — et peut-être même davantage encore aux dernières lueurs de son ministère pétrinien — alors que ses opposants, parmi lesquels des traditionalistes en pleine ascension, voyaient enfin poindre le moment où sonnerait leur heure.

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As the Curtain Fell in 1945

War calls upon the best or the worst in human nature, and the final phases of World War II are no exception to that iron law. From Berlin to Tokyo, with stops in Italy and at Montgomery’s HQ, James Holland and Al Murray present a gallery of fascinating—though at times repugnant—figures in Victory ’45: The End of the War in Eight Surrenders (Grove Atlantic).

First, the courageous



On September 2, 1945, General Jonathan M. Wainwright stood on the deck of the USS Missouri—“the ship [that] look[ed] rather like a giant hedgehog”—for the signing of the official instrument of Japan’s surrender. General Douglas MacArthur handed him one of the five fountain pens he used to sign the documents. World War II thus ended for the commander who had been forced to raise the white flag in the Philippines in May 1942 and then endured three and a half years of harsh captivity at the hands of their cruel custodians. Even though Wainwright viewed the pen as “a wholly unexpected and very great gift”, it remained a modest compensation for enduring “one of the worst military defeats in American history,” for which MacArthur bore no small share of responsibility.

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« Être inerte, c’est être battu » — Charles de Gaulle

Dans son dernier livre, le toujours très éloquent Dominique de Villepin constate que « nous sommes entrés dans un nouvel âge de fer ». Sous nos yeux se dessine une géographie inédite de la puissance, tracée à l’encre des « forces brutes » qui ont si souvent rythmé l’histoire d’une grammaire belligène. L’ancien Premier ministre français se réclame volontiers du gaullisme, mouvance plurielle riche d’enseignements.

En 1934, celui qui n’était alors que lieutenant-colonel publiait Vers l’armée de métier, ouvrage dans lequel il appelait à la création d’une force professionnelle afin de répondre aux menaces que laissait planer le régime d’acier de Berlin sur l’Europe et sur la France. Les Éditions Perrin en proposent aujourd’hui une réédition, « vraie œuvre littéraire » pour reprendre les mots d’Hervé Gaymard, ancien ministre et éminent connaisseur de l’Homme du 18 Juin, qui a accepté de la présenter et de l’annoter.

« La démarche de Charles de Gaulle est déductive et réaliste, dépourvue d’idéologie, nourrie d’Histoire, pétrie de bon sens […] » écrit-il. Elle se veut également un antidote au fait que « la guerre a disparu de l’horizon mental des Français. » Nous pourrions facilement ajouter « et des Occidentaux ». Le tocsin russe qui retentit dans l’aube ukrainienne du 24 février 2022 n’était pas une anomalie, mais un retour à une normale. De Gaulle n’écrivait-il pas que « la guerre constitue, peut-être, dans l’activité générale, un inéluctable élément, comme la naissance et comme la mort […] ». La connaître ne signifie pas l’aimer, mais être en mesure de l’intégrer au logiciel des affaires humaines. L’auteur la maîtrisait, autant sur le plan intellectuel que dans le « brouillard clausewitzien de la guerre » — ce qui est en fait un caractère aussi trempé que rarissime. L’histoire est une arme essentielle sur le champ de bataille, parce que « c’est par l’histoire de ses légions qu’on peut le mieux comprendre Rome. ».

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Thomas Jefferson ou l’ambivalence d’un visionnaire

D’entrée de jeu, un aveu s’impose : hormis une visite au Jefferson Memorial à Washington, D.C., par un froid mordant de janvier, le troisième président des États-Unis ne m’avait jamais vraiment captivé. C’était avant de plonger dans la remarquable biographie signée Laurent Zecchini à son sujet.

« Jefferson est donc un acteur historique majeur de l’hyperpuissance que sont devenus les États-Unis, un « père fondateur » du concept de « destinée manifeste » partagé par tous ses successeurs, mélange de l’« empire de la liberté » vanté par Jefferson et de l’« impérialisme américain » souvent voué aux gémonies. C’est son principal succès de politique étrangère », dévoile l’auteur.

Durant sa présidence, les États-Unis procéderont à l’acquisition du territoire de la Louisiane – un « vaste territoire [qui] a permis la création de quelque quatorze États américains d’aujourd’hui » et jette les bases de l’entrée de la Floride dans l’Union sous la présidence de James Monroe en 1819. Ainsi sanctuarisés, les États-Unis pourraient marcher sur la voie d’un isolationnisme dont Thomas Jefferson fut l’un des pionniers. La table est mise pour les chapitres à venir de l’histoire du pays.

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The Caledonian Invasion

In early 1942, Winston Churchill faced a barrage of bad news. Kriegsmarine warships had escaped detection, sailing from occupied France to Germany, and Singapore had just fallen to the Japanese. The time for a large-scale offensive had not yet arrived, but Churchill desperately needed a victory. German radar technology – the Würzburg – was hindering British air operations, and one station, perched on the cliffs of Bruneval near Le Havre in Northern France, became the target of a daring raid. A successful breach of the Nazi fortress would offer much-needed relief during those harsh winter months.

Thus, Operation Biting: The 1942 Parachute Assault to Capture Hitler’s Radar (Harper) vividly springs to life through Sir Max Hastings’ writing. Members of the Black Watch, the Cameron Highlanders, the King’s Own Scottish Borderers, and the Seaforth Highlanders took center stage among the British paratrooper units involved, demonstrating the martial prowess long associated with Caledonian regiments. Nemo me impune lacessit.

Unmistakably, Churchill is the story’s central figure. During the Boer War, which he covered as a young war correspondent, he admired the effectiveness of Afrikaner commandos. True to the British instinct of adapting enemy tactics, Churchill later founded the Special Operations Executive (SOE) in 1940, followed by the formation of the Special Air Service (SAS) the next year. As Hastings notes, the recruits manning these units “were seldom the sort of people to make docile household pets.” The deployment of paratroopers for Operation Biting naturally stemmed from this evolution.

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Churchill, ce guerrier solitaire

Pendant près de 19 longs mois, Winston Churchill est seul à combattre le péril nazi avec les dominions britanniques. L’attaque sournoise qui déchire le ciel dominical à Pearl Harbor le 7 décembre 1941 met fin à cette solitude. Franklin D. Roosevelt et ses centurions entrent, enfin, dans la danse.

Mais toutes les alliances ont leurs jeux de puissance et la Seconde Guerre mondiale n’y fait pas exception. La montée en force des Américains correspond à la diminution de l’influence du premier ministre sur la conduite de la guerre. C’est l’un des principaux constats posés dans l’ouvrage éclairant de Lord Richard Dannatt et Allen Packwood, Le D-Day de Churchill : Dans les coulisses du Débarquement (Tallandier).

Malgré l’intention clairement exprimée par les Américains de procéder à un débarquement en France aussitôt qu’en 1942 (ils n’en auraient pas les capacités), Churchill sait que la partie est délicate parce qu’il ne peut « risquer de s’aliéner le président Roosevelt et George Marshall [chef d’état-major des Forces américaines]. Il ne pouvait pas non plus ignorer leur plan [un débarquement en France]. C’est ainsi que débuta un jeu diplomatique complexe. » Un ballet au cours duquel Churchill convainc FDR de prioriser un débarquement en Afrique du Nord comme « meilleur moyen d’alléger la pression qui pesait sur les Russes » qui bataillent sur le front de l’Est. Même si cela permet au descendant de Marlborough d’épargner une déconvenue majeure à ses alliés, ce n’est qu’une question de temps avant que le plan initial reprenne place en tête de liste.

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Pie XII au milieu des loups

Je le confesse, mes premiers contacts avec Pie XII ont été difficiles. L’image du pape aux sympathies gammées avait la vie dure dans mon esprit d’étudiant. C’était avant que celui qui fut mon meilleur professeur d’histoire à l’université, un prêtre au jugement acéré, ne me guide vers une compréhension plus profonde – donc plus sérieuse – de ce Souverain pontife assujetti au devoir et à la prudence.

C’est donc avec un plaisir immense que j’ai dévoré le dernier livre de l’historien Frédéric Le Moal, Pie XII : Le pape face au Mal (Éditions Perrin). Avant même d’en lire la première ligne, je savais à quoi m’attendre – pour avoir recensé Les hommes de Mussolini – en termes de qualité de recherche sous une plume hors du commun.

En un peu moins de 400 pages, le brillant auteur brosse le portrait tout en nuance d’un personnage compliqué, mais conséquent. Tout dévoué à sa mission, Pie XII a navigué dans les eaux troubles de deux conflits mondiaux dévastateurs et du début de la Guerre froide, tout en menant la barque de l’Église universelle. Après avoir été nonce en Allemagne, son ministère s’est poursuivi en tant que Secrétaire d’État d’un pape bouillant, Pie XI. À la suite du décès de ce dernier, les cardinaux lui confient la charge pontificale le 2 mars 1939, six mois avant que les troupes nazies envahissent la Pologne.

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