The Iron Prince

Much has been written in the last couple of days about the late Duke of Edinburgh being a rock for his wife, Her Majesty the Queen, and the Crown. But it is rather as “the man of the house” of Windsor that we can realize the extent of the centrality of his role. Thanks to Ingrid Seward’s amazing biography Prince Philip Revealed (Atria Books – Simon & Schuster), anyone can understand why this consort was so instrumental in the success of Queen Elizabeth’s reign.

A “product of a broken home”, Prince Philip understood, from a very young age that life is difficult and that you need to prepare for its challenges. Private school gave him the structure and discipline he couldn’t find in his own family. Later in life, his insistence on ensuring that his eldest son, the Prince of Wales, follow the same path would leave scars in the soul of the future king. But that’s another story.

In a nutshell, Philip ensured that his family would live in a relative environment of normalcy. From his drive to modernize the kitchens of Buckingham Palace to his designing of “[…] a portable barbecue that would fit into the back of a Range Rover so he could take it out onto the moors at Balmoral”, or his insistence for the adoption of television as a medium to reach out to people, the author succeeds in making you feel that Philip was a down-to-heart man. He was keener to “[…] adapt a range of clothing that would keep him warm during the winter months” than to succumb to pump and circumstances and obsequiousness.

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Joe Biden sera aussi ferme que Trump par rapport à la Chine

Le journaliste et sinologue François Bougon (source: Asialyst).

Je recensais, en décembre dernier, le très pertinent livre du journaliste et sinologue François Bougon, Hong Kong, l’insoumise (Tallandier). Dans la foulée de cette publication, l’auteur a accepté de répondre à quelques questions sur ce sujet chaud de l’actualité internationale, notamment suite à l’arrivée du président Joe Biden aux commandes et au niveau des développements entourant les relations entre la nouvelle équipe en place à Washington et le gouvernement de Pékin.

Dans le dossier de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, l’empressement britannique a poussé Deng Xiaoping a adopter une position dure.

M. Bougon, sous votre plume, la première ministre britannique Margaret Thatcher apparaît comme étant chancelante, mal à l’aise. On semble être à des lustres de la « Dame de fer ». Selon vous, quelle est le bilan global de sa gestion du dossier de la rétrocession de Hong Kong? Aurait-elle pu agir autrement?

Les Britanniques ont été pris à leur propre piège en mettant sur la table la question de l’avenir de Hong Kong à la sortie du maoïsme, alors que les Chinois ne la considéraient pas comme prioritaire.

Il existait différentes opinions à cette époque au sein des élites du Royaume-Uni. Certains étaient partisans de tenter le tout pour le tout afin de maintenir la présence dans l’une des dernières colonies britanniques. D’autres étaient plutôt partisans de se retirer pour se consacrer pleinement aux affaires européennes et aussi pour satisfaire les revendications de Pékin. Margaret Thatcher a dû trancher entre ces différents avis, consultant même des personnalités chinoises de Hong Kong proches à la fois du parti conservateur et des autorités communistes. Lors de sa première visite à Pékin, elle pensait pouvoir adopter une ligne de fermeté, mais elle a dû faire face à un « homme de fer » sur la question de la souveraineté chinoise, Deng Xiaoping.

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Le Berlin de l’Orient

J’ai tellement apprécié la lecture de son précédent ouvrage Dans la tête de Xi Jinping que j’étais impatient de mettre la main sur le plus récent livre du sinologue, journaliste et auteur réputé François Bougon, Hong Kong, l’insoumise : De la perle de l’Orient à l’emprise chinoise (Tallandier).

L’auteur y brosse avec maestria un tableau historique fascinant de la relation entre Londres et ce territoire colonial aux portes de la Chine. C’est donc durant le règne du roi George III que l’empire britannique s’est d’abord intéressée à la péninsule qu’allait devenir Hong Kong. Le commerce de l’opium allait instrumentaliser une relation entre l’impérialisme et le « port parfumé » si convoité par l’Orient et l’Occident.

Si le commerce justifiait l’incursion de Londres dans cette partie du monde – après tout, il fallait bien que le soleil ne se couche jamais sur les aspirations commerciales et politiques de Londres – c’est la force des armes qui aura permis d’asseoir le tout. Que ce soit lors des deux Guerres de l’opium au milieu du 19e siècle ou pendant la Révolte des Boxers à la fin du même siècle, la puissance militaire permettait d’assurer la prédominance des intérêts britanniques devant un empire chinois chancelant. Quelques décennies plus tard, le drapeau japonais éclipsera le Union Jack le jour de Noël 1941. Sombre jour pour les Britanniques.

François Bougon rappelle qu’au sortir du conflit, un diplomate britannique prône «« qu’il serait très peu sage d’entretenir même l’idée de laisser tomber Hong Kong ». D’autant qu’il faut se préparer à l’émergence d’une Chine forte, placée dans les rangs des futurs vainqueurs de la guerre. » Le vieux lion Winston Churchill soutient naturellement cette position, à laquelle la République populaire de Chine naissante contribuera pour un certain temps, parce que la récupération de Hong Kong n’était pas une priorité à court terme. Pour Mao, il s’agit d’«une mission à long terme». On ne perdrait rien pour attendre…

Pour un temps, Hong Kong devient donc un « Berlin de l’Orient ». Les choses bougeront sous le règne de Deng Xiaoping, lequel coïncidera avec les années où Margaret Thatcher était locataire du 10 Downing Street. Malgré la victoire dans la Guerre des Malouines, les Britanniques n’ont plus l’avantage sur l’échiquier international devant Pékin et le pouvoir chinois n’a pas l’intention de se laisser damer le pion. Londres doit respecter l’obligation stipulée dans le bail de 100 ans signé en 1898 au sortir de la seconde Guerre de l’opium. Le compte à rebours est lancé pour la rétrocession de la mégalopole et le système politique instauré par les représentants de Whitehall sera éclipsé par les diktats de Pékin. À cet égard, le déroulement des pourparlers entre le Petit Timonier et la Dame de Fer tel que relaté par François Bougon est très éclairant.

La table est ainsi mise pour l’opposition aujourd’hui incarnée par les héritiers de cette tradition démocratique occidentale que les sbires de Pékin aimeraient bien voir s’évanouir devant leur agenda.  

Plusieurs personnages hauts en couleur font leur apparition sous la plume alerte et agréable de François Bougon. Des Écossais négociants d’opium James Matheson et William Jardine (au 19e siècle) au résistant Joshua Wong en passant par le pragmatique et fascinant Zhou Enlai et le célèbre écrivain Ernest Hemingway, le destin du territoire a toujours été forgé par des personnalités plus grandes que nature. Les Gurkhas, ces soldats d’élite britanniques, y font également une apparition lorsqu’ils sont appelés à contenir la violence sévissant sur le territoire dans les années 1960.

Pour tout dire, aucune page de cette brillante analyse n’est superflue. Entre les lignes, on peut facilement comprendre que, à l’heure où la puissance militaire est passée du côté chinois, seul le pragmatisme permettra à l’Occident de tirer son épingle du jeu dorénavant. Un peu comme Berlin durant la Guerre froide, il serait étonnant que les capitales occidentales veuillent faire entendre le bruit des bottes pour résoudre le dossier. Nous pourrons certes continuer à admirer ces jeunes fougueux qui défendent les thèses démocratiques devant le rouleau compresseur communiste, mais la balance du pouvoir semble maintenant être fermement du côté de Xi Jinping.

Il s’agit donc d’un livre à lire, et rapidement, par tous ceux et toutes celles qui s’intéressent à la place de la Chine dans les affaires mondiales et au destin de la démocratie sur la planète. Cette dernière ne pourra être efficacement défendue que si nos gouvernants décident d’y investir les efforts nécessaires, notamment en prenant conscience que seule la force (principalement militaire) peut efficacement sauvegarder les principes démocratiques dans une confrontation avec un régime dont les valeurs sont aux antipodes. Toutes les discussions de salon, les banderoles et les bons souhaits ne peuvent équivaloir à une dissuasion sérieuse. Pékin ne le sait que trop bien.

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François Bougon, Hong Kong, l’insoumise : De la perle de l’Orient à l’emprise chinoise, Paris, Tallandier, 2020, 272 pages.

Malgré plusieurs démarches, il m’a été impossible d’obtenir un exemplaire de ce livre auprès du service de presse des Éditions Tallandier au Canada. Je suis néanmoins très reconnaissant envers Mme Isabelle Bouche, responsable des communications de la maison d’édition à Paris, de m’en avoir transmis une version électronique.

Riding with Napoleon

AndrewRobertsLeadership

In April 2013, I made a point to be in London for Lady Thatcher’s funeral, on my way back to Canada from Rome. Throughout my youth, the former Prime Minister of Great Britain had always been one of my favorite leaders. It was therefore an honor to stand on the street and see her casket pass in front of me on a morning of reverence.

Just a few days ago, I finished reading Andrew Robert’s last book, Leadership in War: Essential Lessons from those who made history and, to my great delight, the 9th leader about whom he writes is Margaret Thatcher (the preceding 8 are Napoleon Bonaparte, Horatio Nelson, Winston Churchill, Adolf Hitler, Joseph Stalin, George C. Marshall, Charles de Gaulle and Dwight D. Eisenhower). I was pleasantly surprised. After all, if the Iron Lady doesn’t deserve a place in such a book, who does?

Thinking about leaders who left an indelible mark in military leadership makes one wonder how did they get there in history? Andrew Robert answers this question when he writes that: “Except through heredity, one does not become a war leader in the first place unless one has a strong personality.”

While it is easy to think and write about the qualities and strengths of great figures of history, it is no less important and vital to understand that, like us, they are humans. The first challenge they must meet is failure. For the road to success if filled with obstacles, but, as Winston Churchill would say, “sometimes, when she scowls most spitefully, [goddess Fortune] is preparing her most dazzling gifts.” Furthermore, you can’t please everyone. I found it almost unbelievable to read that “Although eight admirals, all of them in tears, carried his [Admiral Nelson’s] coffin, such was his controversial status in the Admiralty because of his ceaseless self-promotion and occasional refusal to obey orders that eighteen other admirals refused to attend.” How can anyone dare refuse attending the victor of Trafalgar’s funeral? Statesmen also need to cope with ungratefulness – like those dealing with Stalin and Charles de Gaulle learnt. Finally, you can’t afford modesty. After all, most of these leaders understood “[…] that if their reputations could help conquer, and thus save the lives of their men, who were they to be modest?” Hence, the myth created by de Gaulle to safeguard France’s self-respect during World War II.

But, more than anything, the leaders perform better when they’re profoundly humane. Those who know me are aware of my deep admiration for Churchill, but my favorite chapter is the one Andrew Roberts wrote about Napoleon. I loved to read about the Emperor’s obsession with his men’s boots (after all, his army covered lots of territory by foot), the fact that “he always made sure that wine from his own table was given to the sentries outside his door”, the fact that Napoleon didn’t hesitate to take his own medal of the Légion d’honneur to present it to a deserving soldier or having the feeling that you are observing the Emperor’s “superb filing system” while riding in his busy carriage moving across Europe on bumpy roads. I never was a big fan of the man derisively called the “God of War” by Clausewitz, but Andrew Roberts deserves the credit for turning the ship of my fascination in his direction.

Tomorrow, January 27th, will mark the 75th anniversary of the liberation of Auschwitz, let me say a few words about Margaret Thatcher again. Before picking up Leadership in War, I was totally unaware of her profound philo-Semitism – a disposition I share with her. It was also fascinating to read that “Churchill […] was theologically a lot closer to Judaism than to the Anglican Church into which he was born.” But I digress. Thatcher learnt from her father “[…] the superiority of decisive practical action over mere hand-wringing and vapid moralizing, of the kind that all too many appeasers – in the 1930s and since – have been guilty.” As the metastases of the antisemitic cancer are spreading throughout the world, men and women of goodwill who seek to fight this disease will have to take inspiration from Margaret Thatcher to wage this vital battle. But that’s another story for another post.

I’m writing it for the first time on this blog, but I have been saying it for years. Few authors compare to Andrew Roberts. He dips his pen in the most eloquent ink to bring to life figures who have heaps of lessons to teach us (sometimes about values not to espouse like in the case of Hitler or Stalin).

If there was one leader about whom I would love to know what Andrew Roberts has to say, it would be Moshe Dayan. He mentions him on a few occasions in the book. Just enough to tease, but who knows? We might see something published about the famous Israeli warlord by the author in the future.

Leadership in War is an essential addition on the bookshelves of any leadership enthusiast, whether in the business world, in politics or in the ranks of the military.

239 pages of exquisite intellectual pleasure.

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Andrew Roberts, Leadership in War: Essential Lessons from those who made history, New York, Viking, 2019, 256 pages.

I would like to express my heartfelt gratitude to the fantastic Sharon Gill at Penguin Random House Canada for helping me with a review copy of this excellent book.