The Caledonian Invasion

In early 1942, Winston Churchill faced a barrage of bad news. Kriegsmarine warships had escaped detection, sailing from occupied France to Germany, and Singapore had just fallen to the Japanese. The time for a large-scale offensive had not yet arrived, but Churchill desperately needed a victory. German radar technology – the Würzburg – was hindering British air operations, and one station, perched on the cliffs of Bruneval near Le Havre in Northern France, became the target of a daring raid. A successful breach of the Nazi fortress would offer much-needed relief during those harsh winter months.

Thus, Operation Biting: The 1942 Parachute Assault to Capture Hitler’s Radar (Harper) vividly springs to life through Sir Max Hastings’ writing. Members of the Black Watch, the Cameron Highlanders, the King’s Own Scottish Borderers, and the Seaforth Highlanders took center stage among the British paratrooper units involved, demonstrating the martial prowess long associated with Caledonian regiments. Nemo me impune lacessit.

Unmistakably, Churchill is the story’s central figure. During the Boer War, which he covered as a young war correspondent, he admired the effectiveness of Afrikaner commandos. True to the British instinct of adapting enemy tactics, Churchill later founded the Special Operations Executive (SOE) in 1940, followed by the formation of the Special Air Service (SAS) the next year. As Hastings notes, the recruits manning these units “were seldom the sort of people to make docile household pets.” The deployment of paratroopers for Operation Biting naturally stemmed from this evolution.

Continue reading “The Caledonian Invasion”

Churchill, ce guerrier solitaire

Pendant près de 19 longs mois, Winston Churchill est seul à combattre le péril nazi avec les dominions britanniques. L’attaque sournoise qui déchire le ciel dominical à Pearl Harbor le 7 décembre 1941 met fin à cette solitude. Franklin D. Roosevelt et ses centurions entrent, enfin, dans la danse.

Mais toutes les alliances ont leurs jeux de puissance et la Seconde Guerre mondiale n’y fait pas exception. La montée en force des Américains correspond à la diminution de l’influence du premier ministre sur la conduite de la guerre. C’est l’un des principaux constats posés dans l’ouvrage éclairant de Lord Richard Dannatt et Allen Packwood, Le D-Day de Churchill : Dans les coulisses du Débarquement (Tallandier).

Malgré l’intention clairement exprimée par les Américains de procéder à un débarquement en France aussitôt qu’en 1942 (ils n’en auraient pas les capacités), Churchill sait que la partie est délicate parce qu’il ne peut « risquer de s’aliéner le président Roosevelt et George Marshall [chef d’état-major des Forces américaines]. Il ne pouvait pas non plus ignorer leur plan [un débarquement en France]. C’est ainsi que débuta un jeu diplomatique complexe. » Un ballet au cours duquel Churchill convainc FDR de prioriser un débarquement en Afrique du Nord comme « meilleur moyen d’alléger la pression qui pesait sur les Russes » qui bataillent sur le front de l’Est. Même si cela permet au descendant de Marlborough d’épargner une déconvenue majeure à ses alliés, ce n’est qu’une question de temps avant que le plan initial reprenne place en tête de liste.

poursuivre la lecture

Pie XII au milieu des loups

Je le confesse, mes premiers contacts avec Pie XII ont été difficiles. L’image du pape aux sympathies gammées avait la vie dure dans mon esprit d’étudiant. C’était avant que celui qui fut mon meilleur professeur d’histoire à l’université, un prêtre au jugement acéré, ne me guide vers une compréhension plus profonde – donc plus sérieuse – de ce Souverain pontife assujetti au devoir et à la prudence.

C’est donc avec un plaisir immense que j’ai dévoré le dernier livre de l’historien Frédéric Le Moal, Pie XII : Le pape face au Mal (Éditions Perrin). Avant même d’en lire la première ligne, je savais à quoi m’attendre – pour avoir recensé Les hommes de Mussolini – en termes de qualité de recherche sous une plume hors du commun.

En un peu moins de 400 pages, le brillant auteur brosse le portrait tout en nuance d’un personnage compliqué, mais conséquent. Tout dévoué à sa mission, Pie XII a navigué dans les eaux troubles de deux conflits mondiaux dévastateurs et du début de la Guerre froide, tout en menant la barque de l’Église universelle. Après avoir été nonce en Allemagne, son ministère s’est poursuivi en tant que Secrétaire d’État d’un pape bouillant, Pie XI. À la suite du décès de ce dernier, les cardinaux lui confient la charge pontificale le 2 mars 1939, six mois avant que les troupes nazies envahissent la Pologne.

poursuivre la lecture

JFK, ce tueur de charme

« Les lois sont comme les saucisses. C’est mieux de ne pas voir leur préparation », clamait l’homme d’État allemand Otto von Bismarck. Il en va des victoires électorales comme du processus législatif, puisque la fréquentation des arcanes de ces exercices démocratiques offre souvent la possibilité d’observer des épisodes baroques. Un exemple éloquent de cette affirmation se trouve entre les deux couvertures du dernier livre de l’ancien diplomate Georges Ayache, 1960 : La première élection moderne de l’Amérique (Perrin).

Aussi bien l’avouer d’entrée de jeu, j’ai grandi en m’abreuvant de la légende de JFK. Rien n’aurait pu déboulonner la statue mémorielle que lui avait érigée mon père. J’ai donc toujours nourri un vif intérêt pour ce président qui repose maintenant au panthéon de l’histoire américaine, à l’ombre des magnolias au cimetière national d’Arlington, en Virginie. Les chemins de traverse de mes années universitaires m’ont toutefois amené à la rencontre de celui qui souhaitait barrer la route du premier catholique à accéder au Bureau Ovale, l’insubmersible Richard Nixon.

poursuivre la lecture

Dans l’intimité des présidents américains

La présidence des États-Unis se prévaut d’une influence inégalée dans le monde. Pas une journée ne s’écoule sans que les plateformes d’informations ou de médias sociaux n’y fassent référence. Parfois, elle agace en raison de la perception véhiculée à propos de celui qui est appelé à travailler dans le Bureau Ovale. Acteur de série B, Ronald Reagan était vilipendé pour son prétendu déficit d’intellect. Idem pour George W. Bush. Mais jamais elle ne cesse de captiver. Et c’est redevable à la personnalité de ces grandes pointures qui sont parvenues à succéder aux immortels que sont devenus George Washington, Thomas Jefferson ou Abraham Lincoln.

C’est justement avec ce dernier que Thomas Snégaroff débute son fascinant ouvrage Dans l’intimité des présidents américains (Tallandier). En le choisissant pour présider aux destinées de la nation, « les Américains veulent élire un homme qui leur ressemble, et surtout qui met en musique le mythe d’une Amérique des possibles. » Au-delà des prises de position et des événements cruciaux qui jalonnent l’histoire des États-Unis, l’auteur s’emploie à éclairer un aspect fondamental de chacune des personnalités alimentant les portraits esquissés, c’est-à-dire son inimité, parce qu’ « elle donne à voir, derrière les grands discours et les beaux costumes, la vérité d’un homme. »

poursuivre la lecture

Indira Gandhi, la première Dame de fer

Un article publié il y a une décennie environ à propos de la relation entre Margaret Thatcher et Indira Gandhi m’avait marqué, puisque l’un des biographes de l’ancienne première ministre britannique y révélait que madame Gandhi était l’une des seules femmes étant parvenues à impressionner la Dame de fer.

À propos de cette expression célèbre associée à Lady Thatcher, la récente biographie consacrée à l’ancienne cheffe du gouvernement indien par le journaliste François Gautier permet d’apprendre que madame Thatcher ne fut pas le première Dame de fer, mais bien la seconde.

Pour le lecteur occidental, cette découverte est certainement indissociable du fait qu’Indira Gandhi était tout sauf une personnalité exubérante. Le propos de l’auteur est ainsi émaillé de plusieurs dizaines de mentions à la « Dame de fer »… indienne!

Poursuivre la lecture

With God on his side

“Patton is a problem child, but he is a great fighting leader in pursuit and exploration”, said General Dwight D. Eisenhower about his unconventional subordinate. That quote is in Alex Kershaw’s last book Patton’s Prayer: A True Story of Courage, Faith, and Victory in World War II (Dutton).

I have been a longtime fan of this author’s books. I have reviewed some here. I initially wanted to publish this review before Christmas in commemoration of the start of the iconic Battle of the Bulge, “the greatest ever fought, in terms of the number of US troops involved, in US military history” and “the deadliest for the US in World War II”. However, events dictated otherwise, and I told myself I had until the end of January, when the battle officially ended, to move forward with my intention.

But then came President Donald Trump’s inauguration earlier this week, and the words pronounced by Cardinal Timothy Dolan, blessing the incoming administration. The Catholic Archbishop of New York mentioned “General George Patton’s instructions to his soldiers as they began the Battle of the Bulge eight decades ago: “Pray! Pray when fighting. Pray alone. Pray with others. Pray by night. Pray by day.””

Continue reading “With God on his side”

Ike, le bien-aimé

La politique américaine est omniprésente. Ses grandes personnalités irriguent l’actualité et influencent le cours de l’histoire. À quelques jours de l’investiture du président Donald Trump pour un second mandat non consécutif, il m’apparaît pertinent de commenter la personnalité de l’un de mes présidents favoris, Dwight D. Eisenhower, à la lumière d’une excellente biographie que lui consacre l’universitaire Hélène Harter.

Dans Eisenhower : Le chef de guerre devenu président, elle retrace le parcours d’un homme qui a su tracer sa voie en misant sur des qualités singulières.

Les commémorations du 80e anniversaire du débarquement en Normandie le 6 juin 2024 ont permis à cette figure de proue des Forces alliées de faire une nouvelle apparition dans l’espace médiatique. À bon droit, puisque la contribution de celui qui « a réussi cinq débarquements » fut essentielle à la planification et au bon déroulement du « Jour J ». Tout au long de sa carrière militaire, ce fils du Kansas aura gravi méthodiquement les échelons. L’historienne spécialiste des États-Unis à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne résume éloquemment son passage au Département de la guerre, entre 1929 et 1935. « Il est compétent et il sait prendre des initiatives. Les entrepreneurs qu’il a rencontrés l’apprécient aussi. Il est diplomate et arrondit les angles quand les militaires ont la réputation d’être portés aux échanges rugueux en cas de désaccord », écrit-elle à propos de cet organisateur hors pair qui aura été aux premières loges du passage des forces américaines d’une 17e place mondiale à celle d’instrument incontournable dans « l’arsenal de la démocratie ». C’est tout Eisenhower qui est résumé dans cet extrait.

poursuivre la lecture

Dans les pas d’Ibn Saud

Peu d’hommes ou de femmes d’État sont passés à l’histoire comme ayant fondé un pays. Ibn Saud (Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud) fait partie de ce club sélect. La magistrale biographie que lui consacre Christian Destremau aux Éditions Perrin nous invite à découvrir un parcours singulièrement passionnant qui permet de comprendre pourquoi et comment le fondateur de l’Arabie saoudite – entité étatique qui a fait son entrée dans la familles des nations en 1932 – un « homme quasiment illettré »est parvenu à laisser une empreinte déterminante et durable dans l’histoire contemporaine.

D’entrée de jeu, cette biographie nous amène à la rencontre d’un virtuose de l’équilibrisme. Ayant échappé aux griffes des ennemis de sa famille à l’âge de 10 ans avec sa sœur en se cachant « dans une grande sacoche attachée par des lanières en cuir sur le flanc d’un dromadaire », Ibn Saud a tôt fait d’apprendre une vérité impitoyable. « L’adversaire le plus dangereux, celui qu’il faut avoir toujours à l’oeil, est tout proche, il partage les repas et le café avec vous, fait mine de vous écouter attentivement lors des assemblées, prend place à vos côtés lors de la prière. Un jour ou l’autre, il sortira lui-même son sabre ou ordonnera à l’un de ses gardes prétoriens de vous abattre. »

Usant donc de prudence, d’intelligence, d’astuce, de dissimulation, de générosité – malgré une situation financière souvent sérieusement précaire – et d’une rare capacité à être réputé comme étant l’homme le mieux informé, il posera les jalons de son œuvre en faisant « de la politique comme un leader européen ». Tout au long de sa vie, il saura ménager les différentes clientèles à l’intérieur du royaume – entre les clans, auprès des religieux et parmi les membres de sa propre famille – et à l’échelle internationale, sachant tirer son épingle du jeu dans la rivalité géopolitique entre la Sublime Porte de Constantinople et Londres, dans un premier temps, et ensuite les divergences américano-britanniques au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

poursuivre la lecture

The kitchens of the Tsar

On June 24, 2023, Yevgeny Prigozhin – the former convict-turned-entrepreneur-turned-warlord, shook the pillars of the Kremlin. The eyes of the world were riveted on the screens while Wagner mercenaries drove to Moscow. The leader had had enough of Russia’s military leadership that was, in his opinion, responsible for the state of things in Ukraine. Could it be the end of the régime? Few could predict what would happen. At the end of the day, Vladimir Putin prevailed, but the mutiny revealed the character of a man who thought bigger of himself than he could deliver.

In the recent book Downfall: Prigozhin, Putin and the new fight for the future of Russia (Ebury Press) they co-wrote, journalist Anna Arutunyan and renowned Russia observer Mark Galeotti explain why and how Prigozhin – the servant who forgot his place – embarked on his death knell on what could be described as his highway to hell.

Since Prigozhin intertwined his destiny with Vladimir Putin’s reign, his biography can’t be dissociated from the nature and the functioning of the régime he eagerly served for his good fortune. Comparing the Kremlin to a medieval court where adhocracy prevails, the authors explain that one’s influence and fate are related to its importance to the Tsar.

Continue reading “The kitchens of the Tsar”