La grammaire du pouvoir

Les ors de la République : Souvenirs de sept ans à l’Élysée (Perrin) a retenu mon attention parce que j’avais de très bons commentaires à propos des talents littéraires de son auteur, le Général Henri Bentégeat. Après en avoir terminé la lecture, je dois avouer que je n’ai pas été déçu. Loin de là.

Toujours intéressé par tout ce qui entoure la Res militaris, je souhaitais naturellement me renseigner davantage à propos de celui qui fut le trait d’union entre les forces armées et les présidents Mitterrand et Chirac. J’ai toujours admiré le premier et j’avais toujours cultivé une distance avec le second. Le Général Bentégeat m’a permis de rencontrer dans ses pages un personnage beaucoup plus complexe et profond que l’impression qui m’en était donnée, mais là n’est pas l’essentiel de mon propos.

À vrai dire, c’est avec délectation que j’ai sillonné les scènes du pouvoir esquissées dans le style invitant et parfois acéré de l’auteur. Pour tout dire, Mitterrand s’amuse toujours à observer les membres de son entourage conjuguer la grammaire du pouvoir. Lors d’un déjeuner avec le Sphinx (surnom donné à François Mitterrand pour sa capacité à toujours bien cacher son jeu), l’adjoint de son chef d’état-major particulier se retrouve assis à côté de lui. Voici la suite :

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Biden cares about people other politicians would ignore

Evan Osnos besides a picture of his excellent biography of President Joe Biden (source: The Aspen Institute).

(version française)

Few days before the US presidential election of November 3rd, I reviewed the biography of then-Democratic presidential candidate Joe Biden by acclaimed author and journalist Evan Osnos.

Those of you who watched CNN during the last couple of weeks have certainly seen him, since he notably commented the inauguration of the 46th President.

Despite a hectic schedule, Mr. Osnos kindly accepted to answer a few exclusive questions for this blog. I’m very happy to share this insightful interview which sheds light on the personality of the new resident of the White House.

Here is the content of our exchange.

I was amazed to see that President Biden installed a bust of President Harry S. Truman in the Oval Office. How does this former President inspire him? 

Biden has fond memories of Truman because of his grandfather’s political influence on him. He recalls visiting his “Grandpop” Ambrose Finnegan, in Scranton, and all the Irishmen in the neighborhood were blue-collar “Truman Democrats.” “That’s the thing they liked about Harry Truman: no artifice,” Biden wrote in his first memoir. “He knew where he stood, and he wasn’t afraid to say it.”

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Theodore Roosevelt fut un grand président, soutient Maurin Picard

Je publiais vendredi dernier ma recension de l’exceptionnel livre Le Manoir: Histoire et histoires de la Maison-Blanche (Éditions Perrin) de l’historien et journaliste Maurin Picard. Dans la foulée de cette publication, cet auteur généreusement sympathique a accepté de répondre à quelques questions aux fins d’une entrevue exclusive que je vous livre aujourd’hui.

Pour ceux et celles qui seraient encore à la recherche du cadeau idéal à l’approche de la période des Fêtes pour le féru politique, l’historien ou le mordu de politique américaine dans votre entourage, déposer un exemplaire de ce livre sous le sapin assurera à cet être estimé des heures de plaisir intellectuel garanti. Surtout à l’approche de l’inauguration du 46e président des États-Unis et de son entrée à la Maison-Blanche le 20 janvier prochain.

Même sur le départ, Lyndon B. Johnson aurait pu épargner 4 ans de guerre à l’Amérique.

On parle beaucoup et on aime lire à propos des grands présidents, les Washington, Lincoln, Roosevelt et Kennedy pour ne nommer que ceux-là. Y a-t-il un président qui a été particulièrement maltraité dans l’histoire selon vous?

Il est de bon ton aujourd’hui de restaurer l’image de deux présidents mal-aimés, Lyndon B. Johnson et Jimmy Carter.

Mais il ne faut pas oublier le contexte, qui désamorce quelque peu l’entreprise actuelle de réhabilitation de LBJ et Carter : le premier fut réellement incapable de résister aux pressions de l’état-major, qui demandait toujours plus d’hommes au Vietnam et mentait ouvertement sur le bilan quotidien des combats. Ses cauchemars récurrents le rendent plus humain et réclament notre compassion, mais ils n’excusent pas cette faillite décisionnelle. Le refus de dénoncer le sabotage des négociations de paix à Paris en 1968 par le candidat républicain Richard Nixon est lui aussi absolument inexcusable. Johnson, même sur le départ, aurait pu épargner 4 ans de guerre à l’Amérique et autant d’années de captivité pour les résidents du « Hanoi Hilton », dont un nommé John McCain. Et qui sait, le Watergate?

Quant à Jimmy Carter, sa franchise, son honnêteté typiques du fermier pieux et bon de Géorgie, peuvent être aujourd’hui louées. Mais face à la crise pétrolière de 1979 et au fiasco de l’opération « Eagle Claw » en Iran (sauvetage avorté des otages de l’ambassade de Téhéran), qui couronnait une décennie maudite, l’Amérique avait besoin d’un cheerleader. Et ce fut Ronald Reagan.

Les années sombres, polarisantes, destructrices à bien des égards, que connaissent en ce moment les États-Unis, n’ont rien d’inédit.

Qu’est-ce qui vous a le plus frappé dans vos recherches?

Sans surprise, la valeur exceptionnelle de certains individus parvenus au sommet du pouvoir, que l’on ne peut que comparer à la médiocrité intellectuelle de nombreux hommes politiques en 2020. La seconde découverte est une lapalissade, ou presque : les années sombres, polarisantes, destructrices à bien des égards, que connaissent en ce moment les États-Unis, n’ont rien d’inédit. Le pays fut maintes fois dans sa jeune histoire au bord de l’implosion, que ce fut en 1814, 1861, 1930 ou 1968.

La troisième, enfin, est une révélation : la période 1960-1974, de Kennedy à Nixon, recoupe proportionnellement le plus grand nombre de chapitres. Les bouleversements de l’Amérique durant ces années sanglantes, sombres mais aussi exaltantes, continuent de propager les secousses telluriques jusqu’à nous aujourd’hui, qu’il s’agisse des tensions raciales, du fossé nord-sud, des violences policières, des guerres étrangères, et bien sûr de la morale des occupants du Bureau ovale, tout aussi vacillante chez JFK que chez Nixon. Johnson, comme je le disais plus haut, est quant à lui un personnage absolument fascinant, admirablement raconté par son ex-confidente, l’historienne Doris Kearns Goodwin.

Y a-t-il des sujets que vous avez été contraint d’écarter et que l’on ne retrouve pas dans Le Manoir?

La pagination était limitée, ce qui a donc nécessité un choix éditorial, toujours douloureux! Ulysses Grant à la Maison Blanche aurait mérité un chapitre, en président aimé mais trop crédule, confronté à un après-guerre de Sécession malaisé, douloureux. J’aurais aimé également parler un peu plus des années Carter et Reagan à la Maison Blanche, de l’ombre à la lumière pour une Amérique convalescente, mais qui allait toutefois vaciller sur ses bases avec le fiasco en Iran (voir ci-dessus), puis le scandale des contras et de l’Irangate, qui aurait pu (dû?) valoir un procès en destitution à Ronald Reagan.

Theodore Roosevelt (source: Pittsburgh Post-Gazette).

Si on vous demandait d’écrire davantage au sujet d’un président de votre choix, lequel choisiriez-vous et pourquoi?

Theodore Roosevelt, sans l’ombre d’une hésitation, dans la mesure où sa vie fut exceptionnelle, entre drames intimes, aventures à dresser les cheveux sur la tête, défis sportifs insensés, accomplissements présidentiels, gestes fantasques et grands éclats de rire. Je suis également très attiré par l’ère Truman, si déterminante pour le sort du monde avec un président « accidentel » que personne n’attendait. La « tragédie » de Lyndon B. Johnson est elle aussi passionnante, s’agissant d’un homme qui nourrissait de grands rêves, possédait certainement les compétences pour mener à bien son grand œuvre, la résorption de la pauvreté, mais fut détruit par une guerre à l’engrenage incompréhensible, le Vietnam.

La Covid-19 nous oblige à traverser une période difficile de l’histoire. Cela dit, les catastrophes n’ont pas manqué dans l’histoire de la Maison-Blanche et de ses occupants. Qu’est-ce que les Lincoln et FDR peuvent nous enseigner sur le leadership en temps de crise?

Il y a dans ces deux hommes plusieurs qualités communes, qui semblent plus nécessaires que jamais à l’issue de l’ère Trump et en pleine pandémie : humilité, conviction, patriotisme, bon sens. Lincoln et Roosevelt ont une certitude : la grandeur de leur pays, et sa capacité à se redresser, fût-ce d’une guerre de Sécession en 1865 ou de la pire crise économique de l’histoire en 1929. Ils sélectionnent judicieusement leur cabinet gouvernemental, épargnent leurs adversaires politiques, recherchent le compromis et font adopter de haute lutte les réformes nécessaires à la survie des États-Unis, au détriment de leur santé physique et nerveuse. D’où la question, inévitable : même bien entouré et déterminé à apaiser les esprits, Joe Biden tiendra-t-il la distance?

Theodore Roosevelt suit Abraham Lincoln et Franklin Delano Roosevelt de près sur l’échelle de grandeur des présidents américains. Il fut un très grand chef d’État, tant par son exceptionnelle palette de talents d’aventurier et d’intellectuel, de « fonceur » et d’érudit.

Theodore Roosevelt figure parmi mes présidents favoris. Sur l’échelle de grandeur des occupants du Bureau Ovale, où le situeriez-vous?

Je vous rejoins sur cette opinion. « TR » suit Abraham Lincoln et Franklin Delano Roosevelt de près sur l’échelle de grandeur des présidents américains.

Il fut un très grand chef d’État, tant par son exceptionnelle palette de talents d’aventurier et d’intellectuel, de « fonceur » et d’érudit, qui perd un œil en boxant tout à fait clandestinement, mais qui décrochera le Prix Nobel de la Paix pour ses efforts de médiation dans la guerre russo-japonaise de 1904-1905. Et puis, il faut l’avouer, la Maison Blanche sous son règne et celui de ses affreux jojos de rejetons donnait envie d’y être ! Il est l’homme qui, par son enthousiasme, sa vision, sa personnalité hors-normes, projette l’Amérique au sommet des nations. On peut se demander si un homme comme lui aurait « tenu » la promesse de Société des Nations, que son successeur Woodrow Wilson ne sut pas honorer, et aurait prolongé la paix après 1920. Mais la mort de son fils préféré, Quentin, en 1918 dans le ciel de France avait déjà diminué l’homme, qui décède relativement jeune, à 60 ans.

L’apport de George H.W. Bush fut immense pour la résolution pacifique de la guerre froide, et son refus de crier victoire pour ne pas humilier Moscou.

J’ai toujours eu un faible pour le président George H. W. Bush. Un homme d’État décent, intelligent et très porté sur les relations humaines. J’aurais certainement aimé lire sur lui dans Le Manoir. Suite à vos recherches, auriez-vous quelque chose à ajouter relativement à sa personnalité?

Il y avait, à l’évidence, de quoi écrire sur le mandat unique de George H. W. Bush, son approche modérée et respectueuse des joutes politiques, son apport immense pour la résolution pacifique de la guerre froide, et son refus de crier victoire pour ne pas humilier Moscou. Mais là encore, il me fallait faire des choix.

Le risque existe donc, comme un Clinton face au génocide du Rwanda ou un Obama face aux armes chimiques en Syrie ou l’invasion de la Crimée, que l’administration Biden se tienne en retrait le jour J, absorbée par les questions intérieures.

Selon moi, le profil du président-élu Joe Biden ressemble justement beaucoup à celui du 41e président. En observateur averti (et quotidien) de la Maison-Blanche, quelle sera sa meilleure alliée, parmi ses qualités, pour relever les défis qui se présenteront à lui?

Son expérience, immense. Mais la plus grande qualité de Joe Biden est aussi son défaut, si l’on veut rester modéré dans ses projections : fin connaisseur de la politique internationale, Joe Biden a intégré dans son ADN le traumatisme de la guerre du Vietnam, le refus occidental d’intervenir en ex-Yougoslavie durant le siège de Vukovar puis de Sarajevo, et Srebrenica, sa propre « erreur » en 2002 lorsqu’il soutint l’invasion de l’Irak. Cela fait de lui un multilatéraliste convaincu, mais également un décideur prudent, qui pèsera et soupèsera longuement chaque crise internationale. Le risque existe donc, comme un Clinton face au génocide du Rwanda ou un Obama face aux armes chimiques en Syrie ou l’invasion de la Crimée, que l’administration Biden se tienne en retrait le jour J, absorbée par les questions intérieures. Mais donnons-lui sa chance!

Le tandem Eisenhower-Marshall s’impose comme l’exemple à suivre pour la future Administration américaine, face à la pire pandémie du coronavirus.

Une question à propos de l’histoire militaire américaine, si vous me permettez et parce que je connais votre appétence pour le sujet (je me propose de dévorer Des héros ordinaires pendant le congé des Fêtes). Quel chef de guerre (Grant, Patton, Eisenhower, Marshall, MacArthur ou un autre) aurait le plus à nous enseigner dans la période actuelle?

Ulysses Grant serait une piste intéressante, lui qui évita toujours d’accabler l’ennemi défait durant la guerre de Sécession. Mais sa gestion passive de la Reconstruction, et la rémanence des tensions raciales, ternissent son bilan. Le tandem Eisenhower-Marshall, qui sut tout à la fois gagner la guerre et la paix en 1945 et après, s’impose comme l’exemple à suivre pour la future Administration américaine, face à la pire pandémie du coronavirus : vision stratégique, mobilisation des ressources pour endiguer le mal et reconstruire une Amérique qui, sous Donald Trump, ressemble à un État « failli ». Il faut bien sûr modérer le propos, en se rappelant que Dwight Eisenhower, devenu président en 1953, n’osa jamais s’opposer frontalement à l’épouvantail qui avait pris les rênes du Parti républicain, le sénateur Joe McCarthy. Biden sera-t-il confronté aux résidus, voire à une survivance du trumpisme? Et si oui, aura-t-il les épaules pour faire rentrer le génie dans sa boîte? C’est une poigne à la Patton ou à la MacArthur qu’il lui faudrait alors, même si les deux hommes n’eurent jamais d’instinct politique développé.

Avez-vous des projets pour un nouveau livre dans un avenir prochain? Si oui, serait-ce indiscret de savoir quel en serait le sujet?

Je poursuis mes recherches sur la crise du Katanga en 1960-1961, après l’enquête menée sur la mort mystérieuse du secrétaire-général de l’ONU Dag Hammarskjöld (« Ils ont tué Monsieur H », Seuil 2019). Le Katanga fut un théâtre d’intervention méconnu des barbouzes gaulliens, sur lequel il reste beaucoup à dire. Loin, très loin de la Maison Blanche!

President-elect Joe Biden and the Return of Empathy

Like millions of people around the world, I’m impatient to see the results of Tuesday’s US presidential elections. Full disclosure, I ardently root for a Joe Biden victory. Not because I’m a traditional Democrat supporter (I am not, I canvassed in New Hampshire for my favorite contemporary president George W. Bush and I attended the 2004 and 2008 Republican National Conventions), but because of my profound lack of affinities for his opponent.

If you’re a Trump supporter, you can stop right here (and I suspect you will), because you won’t like the rest of this review.

When I read Bob Woodward’s latest book, Rage, a few weeks ago, I was struck by the following passage from one of his discussions with the current president of the United States:

“When’s the last time you apologized?”, asked Woodward. “Oh, I don’t know, but I think over a period – I would apologize. Here’s the thing: I’m never wrong.”

To me, that exchange encapsulates the Trump problem. Like kings of the Middle Ages, he thinks he can do no wrong. And he believes he can do or say whatever he wants, to hell with the consequences.

You don’t expect a head of state or government to be perfect. You want him or her to abide by certain standards but also to be human – like the rest of us. In this day and age, that’s precisely Joe Biden’s main quality in this race.

I was therefore curious to read Evan Osnos’ Joe Biden: The Life, The Run, and What Matters Now, to see what more could I learn about the man who might be on his way to march on Pennsylvania street after his inauguration on January 20th, 2021. I did not seek a policy book. I wanted a full-rounded portrait of a man seeking the highest office in the US, detailing his qualities and shortcomings. By all means, the author did not disappoint. An avid reader, Biden is known for his loyalty and being humble, as well as being arrogant and sometimes sloppy. He’s human!

Evan Osnos writes that he is such a tactile politician that “When Biden and Obama worked a rope line, Biden sometimes took so long that aides had to restart the soundtrack.” Or when “Leon Panetta recalled listening to Biden work the phone at the White House: “You didn’t know whether he was talking to a world leader or the head of the political party in Delaware.””

In a nutshell, Biden is the kind of guy you’d like to sip a caramel macchiato with on a Saturday morning.

Thanks to the author, I learnt that Joe Biden – contrary to some political accusations – is not part of the establishment. He was, incidentally, “[…] among the least prosperous members of the United States Senate” and he planned to take a second mortgage to pay for his son’s cancer treatments (who passed away later). President Obama offered to help him financially, but his vice-president never came back to ask for it.

Biden suffered in his life. A lot. And one of his strongest traits (in my humble opinion) is that he is not afraid to share his humanity. A few days before Christmas 1972, he lost his first wife and daughter in a car accident. He went through serious health issues. The most touching part of the book for me is when the author writes about “Brayden Harrington, a thirteen-year-old from New Hampshire, [that] gave credit to Biden for telling him that they belonged to “the same club – we stutter.””

America is in a state of turmoil. Americans are suffering. Greatly. This mood won’t disappear at the touch of a magic wand nor at the turn of a blind eye. If he is elected this week, Joe Biden will probably never rank among the transformational presidents such as FDR, LBJ or Reagan. But he can be a gifted and consequential transitional one like Harry S. Truman or George H. W. Bush. The grandfather who looks like he’s just out of the gym (I borrow this formula from the author) would bring a healthy dose of much-needed humanity, sincerity, modesty, decency and, dare I say, sometimes vulnerability in the White House.

This electoral cycle, I suspect many people are voting against Donald Trump and not necessarily for Joe Biden. For those unfamiliar with who Joe Biden’s character, Evan Osnos opens a window on the personality of an attaching man whose challenges will be of Himalayan proportions depending on Tuesday’s electoral results.

Joe Biden most certainly won’t be able to transform US politics in a heartbeat, but at least Americans will have a good man at the helm of the ship of state.

Let us now hope that Evan Osnos will put his exceptional talents as a biographer at our service in writing about another political or historical figure in the near future. In his book about Joe Biden, he mentions the Democratic contender has read one of the tomes about LBJ by Robert A. Caro. Having myself tremendously enjoyed this four-volumes biography of JFK’s successor, I find Osnos talents to be comparable to those of the iconic writer.

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Evan Osnos, Joe Biden: The Life, The Run, and What Matters Now, New York, Scribner, 2020, 192 pages.

I would like to express my heartfelt gratitude to the always helpful Athena Reekers of Simon & Schuster Canada for providing me with a copy of this book.

Exclusive interview with former Israeli Prime Minister Ehud Olmert

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Ehud Olmert, 12th Prime Minister of Israel (courtesy of the Office of Ehud Olmert)

After reading the excellent book Shadow Strike: Inside Israel’s Secret Mission to Eliminate Syrian Nuclear Power (St. Martin’s) by Yaakov Kaatz, I was struck about the inestimable contribution of former Prime Minister Ehud Olmert to public life and international affairs. I therefore thought it might be an excellent idea to conduct an interview with this fascinating character. Mr. Olmert immediately agreed and you will discover a man who’s an avid reader nourishing a serious interest in US political history. Here’s the content of our exchange.

It is my opinion that you have been underestimated as Prime Minister. What accomplishment(s) are you the proudest of and why?

It seems to me that lately, the attitude to me as a former Prime Minister is different than it appeared to be when I left my position. Perhaps, in large part, because time has passed, and people can compare my activities as Prime Minister with the one who came after me. Many may think that my activity has been by far better than the impression they once had.

Many may think that my activity has been by far better than the impression they once had.

The actions I am most proud of in the field of welfare. The fact that I brought about the rehabilitation of hundreds of thousands of Holocaust survivors who for various reasons over many years the Israeli government ignored its duty to look after their needs. The Israeli government during my time invested billions of shekels for this important cause.

In the field of education, I was involved, as Prime Minister, in reforming Israel’s education system, along with the then Minister of Education, Professor Yuli Tamir. We instituted a far-reaching reform called “New Horizon” which entailed adding billions of shekels to the Education Ministry’s budget.

In the security field, I am proud of the achievements of the Second Lebanon War, which have resulted in a complete calm for over the past 13 years on the northern border. Kiryat Shmona has lived for decades under a constant threat of terrorist attacks and artillery fire no more. I am proud of my decision to destroy of the nuclear reactor in Syria, which posed a real danger to the State of Israel. I am also proud of the peace negotiations that I made with the Palestinian Authority and that were closer than any negotiations we have ever had to a permanent peace settlement between Israel and the Palestinian people.

I am also proud of the peace negotiations that I made with the Palestinian Authority and that were closer than any negotiations we have ever had to a permanent peace settlement between Israel and the Palestinian people.

Who’s the historical figure / leader that inspires you the most?

Many characters have influenced my worldview and have been an inspiration, it is hard to think about one person.

Churchill – Who didn’t grow up to admire him?!

Roosevelt – the man who rescued the US from economic immersion and brought America to save the entire world from the Nazis in Europe and Japanese fascists in the Far East.

The man I remember in international politics with great longing is Bobby Kennedy. Bobby Kennedy was a man with a huge heart, with a great sensitivity to the distressed populations who demanded someone to care about them. African Americans, Hispanics, Mexicans, Native Americans and many others, there was no one to care for them like him. I remember how much it hurt when he was murdered.

Bobby Kennedy was a man with a huge heart, with a great sensitivity to the distressed populations who demanded someone to care about them.

In Israel, two characters have always been my inspiration. Menachem Begin, who was the first Prime Minister of the National Camp and whom I was privileged to work with and for him as a Knesset member in the Likud. And Moshe Dayan who was a brave soldier and statesman who saw far more with one eye than many saw with two eyes. He was a poet and writer and archaeologist and a brilliant military leader. A man who did not like people’s company but accorded me many hours of private conversations at the beginning of my career whose tastes have not disappeared to this day.

You have been through very difficult periods in your life (Mr. Olmert spent 16 months in prison in 2016-2017 in relation with a real-estate project). I could only imagine how hard it must have been on you and the members of your family. What gave you strength to surmount it?

What helped me deal with the difficulties I encountered was on top of the love of my family – my wife, my children and my grandchildren, also the knowledge that I had never done anything that justified my indictment. The sense of justice gives a lot of power.

What helped me deal with the difficulties I encountered was on top of the love of my family.

I know your wife is a very talented artist. I once saw one of her paintings at the office of what was then called the Canada-Israel Committee (now CIJA) in Jerusalem. It goes without saying that intellectual life must be important in your family. Are you an avid reader and what do you like to read?

My wife is a very talented painter and I am very happy that her paintings are in both the office and the home we share and are exhibited in many places in Israel and abroad.

I read many books, my tastes are very eclectic. I read fiction, thrillers, biographies of political people. I read all of Robert Caro’s books in the past year about former President Lyndon B. Johnson. I read the biography of General MacArthur by William Manchester. I have read John Steinbeck’s books – East of Eden and Grapes of Wrath and I now read William Faulkner’s The sound and the Fury and many other books.

I read all of Robert Caro’s books in the past year about former President Lyndon B. Johnson.

Are you a fan of James Bond and books about special / secret operations? (that question came from reading the following in Shadow Strike: “During his term as prime minister, Olmert made a point of knowing every detail and approving every single Mossad operation that took place outside Israel’s borders.” (p. 46) Okay, okay, I should have known that Israeli Security Services undeniably can match any James Bond movie.)

I’m not a big fan of James Bond movies, I know a lot more fascinating realities than these movies but as an entertainment I sometimes watch them.

What do you appreciate the most about your new life?

I enjoy my life with my extended and beautiful family. I enjoy my business activities and especially the world of innovation and technology in which I invest money from a venture capital fund I run.

Do you miss political life?

I never liked political activity. I liked being in positions where I could make decisions on national affairs and I miss that. If I could, I would continue my work to bring peace between Israel and the Palestinians. I believe that the Trump Peace Plan is not good enough and lacks many elements to be balanced, but even though, it has the basis that can prompt renewed negotiations between Israel and the Palestinian Authority, which is what I recommended to Abu Mazen to do.

The Trump Peace Plan is not good enough and lacks many elements to be balanced, but even though, it has the basis that can prompt renewed negotiations between Israel and the Palestinian Authority.

What do you think of the fact that Israelis have to return to the polls for the third time in about 6 months?

I think it is a pity that there will be a third round of elections in less than a year in Israel, but I believe that following the upcoming elections, the government will change and the political atmosphere in Israel will change as well as the nature of public discourse can be changed and the atmosphere will be more tolerant and more relaxed in Israeli politics.

I believe […] will change and the political atmosphere in Israel will change as well as the nature of public discourse can be changed and the atmosphere will be more tolerant and more relaxed in Israeli politics.

How do you feel generally about your country?

The State of Israel is a very successful state, there is none like it and will never be, and I am proud to be its citizen and its former Prime Minister.

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I would like to express my sincere gratitude to former Prime Minister Olmert for the generosity of his time. I surely hope his memoirs, which have already been published in Hebrew, will be available in English at some point in the future.