Prigozhin’s failed putsch was essentially a sideshow

Russian President Vladimir Putin at the Kremlin on June 26, 2023 (Sputnik / Reuters)

I’m now at the age where I can say that I have observed, from afar, two coups initiated against a Russian ruler. The first one was plotted against Soviet President Mikhail Gorbachev in August 1991. The second one happened just a few days ago. I was glued to my Twitter account and CNN for most of last weekend, trying to keep abreast of developments between Rostov-on-Don and Moscow.

President Vladimir Putin being at the center of the events unfolding in these crucial hours, I believed it would be pertinent to reach out to the author of the best biography written about him to seek some insights. Philip Short, author of the seminal Putin (Holt), a book on which he worked for 8 years. Mr. Short generously agreed to answer a few questions, despite being buried under requests.

Here is the content of our discussion.

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Mr. Short, thank you very much for the generosity of your time.

I have a feeling that every time Vladimir Putin is referred to in the Western media, the analysis goes in the direction of his downfall – either by a coup, cancer or slipping on a banana peel. Would you tend to agree that this is wishful thinking disguised as analysis?

President Vladimir Putin’s biographer Philip Short (Macmillan)

I think we must recognize that we are in the middle of an information war that’s running parallel to the war on the ground in Ukraine. So, whether it’s wishful thinking or spin is arguable. Very often there are elements of both – added to which, western (and Russian) pundits have been pontificating very little hard information to go on, so there has been a lot of thumb-sucking of the ‘Putin’s finished’, ‘The end is nigh’, ‘Civil war beckons’, variety.

No one knows even exactly what Prigozhin was promised when he agreed to call off his mutiny. But certainly, the consensus in the Western media that Putin is severely weakened needs to be treated with skepticism. It’s just as plausible to make a case that his grip has in fact been strengthened because he found a way out which avoided the worst-case scenario of bloody fighting, and, to the elite, that is a signal that, even if he misjudged the situation early on, he hasn’t lost his touch, so ‘better to stick with the devil you know’.

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Gorbatchev, l’anti-Poutine

Une mise en garde, avant toute chose. J’ai toujours été fasciné par Mikhaïl Gorbatchev, le dernier dirigeant de l’URSS. Mon sentiment envers lui a toujours été celui de l’admiration, et ce, dès son arrivée sur la scène internationale en 1985. Du haut de mes 11 ans, je m’affairais à lire tout ce qui le concernait. En 2011, j’ai eu l’insigne honneur de le rencontrer lors de son passage à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. De ses yeux jaillissait une flamme alimentée par la rencontre de l’autre.

Mikhaïl Gorbatchev était un homme profondément humain. C’est d’ailleurs l’un des principaux traits qui ressortent des Dernières conversations avec Gorbatchev (Robert Laffont), un livre découlant des entretiens réalisés sur une période de vingt-cinq ans par Darius Rochebin, journaliste chez LCI, avec le dernier dirigeant soviétique.

À 6 ans, les hommes de Staline viennent arrêter son grand-père maternel, Panteleï, devant ses yeux. Un souvenir qui restera gravé au cœur du garçon. Nous n’avons jamais que le pays de notre enfance, disait François Mitterrand si ma mémoire est fidèle. Même s’il devient « fin calculateur et rompu aux intrigues » du Parti communiste, le caractère de Gorbatchev a été coulé dans un moule bien différent. Il est « imperméable au frisson autoritaire ». À tel point que lorsqu’il arrive au pouvoir après le décès de Konstantin Tchernenko, il « […] rompt la série [des dirigeants qui ne rechignent pas à utiliser l’approche musclée pour asseoir leur pouvoir]. Pour la première fois, l’URSS a un chef profondément civil. Par expérience et par inclination naturelle, il répugne à l’usage de la force. » D’un couvert à l’autre, on fait la connaissance d’un homme qui ne veut pas faire couler le sang et qui ne sait pas garder rancune. Assez étrange chez un politicien, mais passons.

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La grande oubliée des vainqueurs de la Deuxième Guerre mondiale

Photo de l’auteur Benoît Rondeau prise au mémorial dédié aux Forces britanniques à Ver-sur-Mer (courtoisie de Benoît Rondeau)

Benoît Rondeau est un auteur que j’apprécie particulièrement. Il apporte au lectorat francophone une compréhension singulière de l’histoire militaire de la Seconde Guerre mondiale. Son livre consacré au soldat britannique durant ce conflit offre au lecteur la possibilité de marcher au combat au son de la cornemuse et de profiter de quelques instants de répit pour savourer une tasse de thé.

Suite à la publication de ma recension de cette excellente lecture, il a aimablement accepté ma demande d’entrevue et je suis enchanté d’en partager le contenu avec vous aujourd’hui.

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Monsieur Rondeau, je suis tout d’abord curieux de savoir combien de temps vous avez consacré à la recherche et à la rédaction de ce livre?

Pour ce qui est de la recherche, il va de soi que l’ouvrage a intégré le fruit d’années passées à découvrir et à comprendre l’armée britannique pendant la Seconde Guerre mondiale. La phase de recherche et de rédaction spécifiquement consacrée à l’ouvrage proprement dit s’est étalée sur un an et demi.

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Rien ne permet de rattacher Giorgia Meloni au fascisme

La présidente du Conseil italien Giorgia Meloni (News18)

Dans la foulée de la publication de ma recension de son très documenté et agréable Les hommes de Mussolini, l’auteur et historien Frédéric Le Moal a généreusement accepté de répondre à quelques questions. Voici le contenu de cet échange extrêmement instructif et agréable.

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M. Le Moal, dans Les hommes de Mussolini, j’ai été frappé de constater l’importance et la portée des forces en présence – monarchie, Église et forces armées – avec lesquelles Mussolini devait composer. Diriez-vous que le Duce avait les mains attachées dès le départ?

Mussolini lui-même a reconnu en 1944 que la révolution fasciste s’était arrêtée devant le palais royal. Ce qu’il exprimait par ce raccourci, c’était la réalité du contre-pouvoir que représentait la Couronne – et par là une limite à son propre pouvoir – puisque le Duce, tout dictateur fût-il, n’occupa jamais le poste de chef de l’État. Il demeura Premier ministre, ce que Victor-Emmanuel III aimait lui rappeler en l’appelant Presidente (allusion à sa fonction pourtant abolie en droit de président du Conseil).

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Churchill was better at strategy than politics

Professor Simon J. Ball (University of Leeds)

I recently reviewed Professor Simon J. Ball’s revealing book about the battle of Alamein (The Folio Society). He generously accepted to answer few questions for this blog, and I take immense pleasure in sharing the content of our exchange with you today. I trust you will enjoy reading it.

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Professor Ball, I might be wrong, but I have a feeling that the Mediterranean theater during World War II has been overlooked. Why is it important to pay more attention to it? How crucial was it in the big picture of the conflict? 

SJB: The war in the Mediterranean was of central importance. It blew apart the idea of the Mediterranean as a unified zone, although all the major powers tried to engineer integration at some points. Oddly the idea of the Mediterranean as an integrated politico-economic-cultural area, “breathing with the same rhythms”, was popularized by Fernand Braudel in the late 1940s.

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Joe Biden: Leader of the Free World

“To every man there comes in his lifetime that special moment when he is figuratively tapped on the shoulder and offered a chance to do a very special thing, unique to him and fitted to his talents,” declared Winston Churchill. For many, that hour comes early. For some, like the heroic British Prime Minister, it comes later. For others, like US President Joe Biden, it comes even later in life.

As we commemorate today the tragic first anniversary of the murderous onslaught launched by Vladimir Putin against Ukraine, it seems fitting to write about one of the best political biographies I have read in a long time. The Fight of His Life: Inside Joe Biden’s White House (Scribner) is required reading for anyone seeking to understand the character of the 46th President of the United States.

In the summer of 2017, the events surrounding the extreme-right manifestations in the streets of Charlottesville convinced former Vice President Biden that Donald Trump “was giving evil a safe harbour”, thus contributing to the Democratic politician’s decision to run. The combat for 2020 was between good and evil. And no one was better equipped than Joe Biden to lead it.

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Pie VII: Victime et vainqueur de Napoléon

Pendant son règne Napoléon a affronté des généraux et des hommes d’État dont les noms remplissent les pages de l’histoire. On peut notamment penser au duc de Wellington, au tsar Alexandre 1er ou à l’empereur François 1er d’Autriche. C’est principalement par la force des armes que l’empereur des Français est parvenu à bâtir son empire et sa réputation. Le militaire et théoricien prussien Carl von Clausewitz ne le considérait-il pas comme étant un dieu de la guerre?

Il est cependant une autre figure directement liée avec le ciel face à laquelle Napoléon n’est jamais parvenu à avoir le dessus. Je parle ici du pape Pie VII. Je n’évoque pratiquement jamais les figures ou les sujets d’ordre religieux sur ce blogue. Pourquoi faire exception aujourd’hui? Tout d’abord parce que Barnaba Chiaramonti était un moine bénédictin – un ordre pour lequel j’ai toujours nourri une profonde admiration. Il y a aussi le fait que je me suis toujours beaucoup intéressé aux figures qui se sont élevées, d’une manière ou d’une autre, contre Napoléon.

J’étais donc impatient de plonger dans la biographie que lui consacre l’historien Jean-Marc Ticchi et que les Éditions Perrin ont récemment publiée. Quel ne fut pas mon plaisir de découvrir un personnage aux antipodes des caricatures sur lesquelles reposait jusqu’alors mon appréciation de Pie VII. Personnage « qui s’est montré un ami véritable de dame Pauvreté » et très généreux, celui qui a pris le nom de dom Gregorio en entrant au monastère « […] est traité sans guère d’égards par des confrères qui le logent à côté d’un fourneau rendant sa cellule invivable en été… » Ce détachement des biens et du confort terrestres lui seront plus qu’utiles dans la passe d’armes qui l’opposera à Napoléon quelques années plus tard.

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Ils ont fait tomber Mussolini

Il y a quelques années, durant un séjour à Rome, j’avais demandé à une guide de me faire visiter les principaux lieux d’intérêt reliés au dictateur Benito Mussolini. Parmi ceux-ci se trouvaient les Fosses adréatines, le Musée de la libération de Rome (lequel abritait le QG de la Gestapo à Rome vers la fin du conflit) et le Palais de Venise sur le balcon duquel le Duce annonça l’entrée en guerre de l’Italie le 10 juin 1940. Durant toute la journée, la guide ne cessa de me répéter que les Italiens n’étaient pas entichés des Nazis et qu’il fallait faire la distinction entre les deux.

Les séides de Mussolini affichaient manifestement des différences frappantes avec la horde brune qui gravitait autour d’Hitler à Berlin. Le dernier livre de l’historien Frédéric Le Moal Les hommes de Mussolini (Perrin) offre aux lecteurs la possibilité de découvrir ou mieux connaître ces hommes (il n’y avait aucune femme dans le groupe) qui ont accompagné Mussolini sur son parcours.

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Volodymyr Zelensky is in a league of his own

Author Lisa Rogak (HarperCollins India)

Last September, I took tremendous pleasure reviewing the insightful book Volodymyr Zelensky in His Own Words (Pegasus Books)by Lisa Rogak and Daisy Gibbons. Despite a hectic schedule, notably due to the deadline of an upcoming book, author Lisa Rogak was generous enough to answer a few questions for this blog. Here is the content of our exchange.

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Ms. Rogak, where did the idea of your book about Ukrainian President Volodymyr Zelenskyoriginate from?

After the invasion of Ukraine, I started digging into his background. I was curious about this guy who seemed to be a natural-born leader. The more I dug, the more impressed I was. And he was funny! Who knew? I’ve done a slew of these quote books, so I put together a proposal for one on VZ. My agent said I needed a translator to dig for interviews and articles in his native Ukraine. I found Daisy Gibbons, who lives in London, and we quickly found a publisher, Pegasus Books.

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The Source of JFK’s Greatness

For as long as I can remember, November 22 has always been a sobering date on my calendar. My late father, like many of his generation, revered John F. Kennedy. He owned several pieces of memorabilia. He also vividly remembered where he was and what he was doing on that fateful day when his favorite statesman tragically fell under the bullets. Before the Roosevelts, Truman, LBJ, Reagan and both Presidents Bush – commanders in chief for whom I have tons of admiration – JFK was the first one who piqued my intellectual curiosity.

I cannot proclaim that I have read every book regarding the main figure of contemporary Camelot, but I always make a point of skimming the pages of as many as I can. Mark K. Updegrove is a presidential historian whose work I have always been interested in. I was, therefore, impatient to grab a copy of his recent book Incomparable Grace: JFK in the Presidency. I was expecting a good read because the author has an enthralling writing style. But I got much more than that.

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