En parcourant les données partagées par le Stockholm International Peace Research Institute, je me suis particulièrement intéressé aux données relatives aux dépenses militaires de la Chine. J’ai donc pu observer que, depuis 2005, le budget militaire de Pékin a triplé. L’Empire du Milieu est donc devenu une puissance militaire en pleine expansion et cela dans la logique du fait que “l’internationalisation de la Chine conduit nécessairement le pays à protéger ses intérêts grandissants à l’étranger, mais aussi à assurer la statute internationale du pays, notamment, et de plus en plus, par le biais de son outil militaire”, pour citer le chercheur Antoine Bondaz dans un excellent chapitre publié dans le livre La Chine dans le monde. Comme les eaux tranquilles d’un fleuve, les lieutenants de Xi Jinping se jettent dans les mers tumultueuses de la politique internationale appuyés d’un “outil militaire moderne et opérationnel”.
Le budget militaire russe rétrécit
Je lisais cette semaine dans mon quotidien britannique favori que la Russie ne fait plus partie du top 5 des pays qui dépensent le plus dans le domaine de la défense.
Accusant une diminution de 3,5% du budget consacré dans cette catégorie en 2018, le pays de Vladimir Poutine a également reculé de deux places au palmarès par rapport à l’année dernière, permettant ainsi à la France d’accéder au top 5.
De là à prétendre que la Russie est en phase d’abandonner la posture résolument militarisme qui lui permet de manifester son influence sur la scène internationale, il y a un pas qu’il faudrait se garder de franchir. On peut notamment se questionner à savoir si ce positionnement est volontaire ou tributaire du contexte entourant les sanctions occidentales et les prix plus bas du pétrole.
Parmi les autres conclusions qu’il est possible de tirer des données dévoilées par le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), on apprend également que le budget militaire de la Pologne a enregistré une croissance de 8,9%. Ce développement s’inscrit naturellement dans le contexte des tensions qui subsistent entre Varsovie et Moscou, notamment à propos de la question ukrainienne.
La Grande-Bretagne, de son côté, se classe en 7e position derrière la Russie. Le britannophile que je suis ne pouvait s’empêcher de le souligner…
Quant au Canada, son classement au palmarès demeure stable en 14eplace.
Dans la tête de Xi Jinping
Il y a quelques années, je me souviens avoir vu une photo du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, prise dans l’avion alors qu’il se rendait en Chine. Sur sa table se trouvait le livre d’Henry Kissinger On China. J’avais alors été impressionné par la hauteur de vue du dirigeant israélien, boulimique de lecture et avide de connaissances à propos de cet Empire du Milieu avec lequel il souhaitait resserrer les liens.
Je suis peut-être trop sévère, mais je suis d’avis que les Nord-américains ont trop tendance à prétendre que le monde tourne autour des États-Unis et de l’Europe. À preuve, l’intérêt dominant consacré à la politique américaine (et à Donald Trump) quand on aborde la politique internationale.
Au-delà de cette étroitesse de vue, il y a le reste du monde. Et nous passons à côté de l’ascension de la 2epuissance mondiale, une « […] Chine qui se flatte d’être la seule puissance capable de tenir tête culturellement, économiquement, militairement aux États-Unis », pour reprendre les mots de François Bougon dans son livre Dans la tête de Xi Jinping.
Parce qu’il faut bien le dire, le président chinois est le principal architecte de la posture internationale actuelle de son pays. De la nouvelle route de la soie aux opérations en mer de Chine méridionale, en passant par la progression du fleuron technologique chinois Huawei aux quatre coins du monde, l’homme fort de Pékin alterne entre un usage judicieux du hard power (force militaire) et du soft power(rayonnement culturel) pour avancer ses pions sur l’échiquier mondial, enfilant les habits du chef de file de l’alternative au modèle occidental, « la fatigue démocratique [gagnant] un peu partout. »
Pour bien mesurer le socle du positionnement de la Chine dans le monde, il est essentiel de bien et mieux connaître la personnalité et la pensée de celui qui en préside les destinées. C’est justement ce à quoi s’emploie l’auteur dans un (trop) court ouvrage visant à faire prendre conscience au lecteur et à la lectrice que, même si Xi Jinping ne figure pas parmi les leaders mondiaux les plus sulfureux ou polarisants (nous avons bien quelques exemples en tête…), il n’en demeure pas moins que « Xi est l’homme qui rompt avec cette doctrine du profil bas, donnant ainsi des gages aux jeunes et moins jeunes générations de nationalistes. »
En jouant sur la corde nationaliste, le Secrétaire général du Parti communiste chinois fait la synthèse de l’histoire plurimillénaire de son pays et c’est bien là l’un des atouts les plus importants dans son jeu. Xi Jinping ne deviendra jamais un Gorbatchev (on reproche au second d’avoir été le fossoyeur d’un empire – un destin qu’abhorrent les locataires du Zhongnanhai (quartier général du PCC)), mais il ne rechignera pas à utiliser tous les atouts à sa disposition – qu’ils s’appellent Confucius, Sun Tzu ou Mark Zuckerberg – pour mener le combat.
Que cela plaise ou non, la Chine est déjà en train d’écrire les pages de son avenir et du nôtre par la même occasion. « Pour lui [Xi Jinping], l’avenir est dans le passé », nous dévoile François Bougon. Avec son sourire gêné et sa démarche discrète, Xi Jinping s’avance donc sur la scène mondiale avec l’assurance d’un empereur soutenu par 5000 ans d’histoire. Et nous aurions tort de ne pas consacrer autant d’efforts à découvrir son parcours et sa pensée qu’à s’en méfier.
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François Bougon, Dans la tête de Xi Jinping, Arles, Actes Sud, 2017, 220 pages.
How King Bibi Conquered the Throne
In May 2007, I had the privilege of meeting with former Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu, who was then leader of the opposition in the Knesset.
During the conversation, I mentioned to the soon-to-be longest serving Prime Minister of Israel that I had recently penned an op-ed comparing him with his hero Winston Churchill and predicting his return to power eventually.
“Keep that article preciously, because I will indeed come back and I will prove you right”, he said with his legendary deep voice.
2 years later he was back at the helm of the country.
Three days ago, on April 9th, “Bibi” contradicted those who were already drafting his political necrology by winning a fifth term.
I was personally not surprised at all with this result and, in all honesty, I was happy with the outcome because I always admired the statesman who is now called “King Bibi” by many commentators.
I followed every campaign led by Benjamin Netanyahu (since 1996) with tremendous interest and the last one was no exception. And the best companion during the last couple of weeks was the excellent biography Bibi: The Turbulent Life and Times of Benjamin Netanyahu by Anshel Pfeffer.
Through this real page-turner, Pfeffer offers the key to understand Netanyahu.
In a nutshell, the leader of the Likud comes from a family of political outsider, people who were outsiders not only in the Revisionist family (you can call them the conservatives), but also in Israeli political life in general. Benjamin Netanyahu’s greatest achievement was to have “[…] transformed his father’s ideology into political capital.”
Throughout the years, the young Netanyahu spared no effort to master the art of public relations, networking and political maneuvering to reach the top of the greasy pole. And the ride was everything but smooth, if only because he had to confront and vanquish those we call “the princes” – the sons of the Herut-Likud establishment, of which Netanyahu was never a part. Their importance on the political chessboard was such that Anshel Pfeffer refers to them frequently in his book. But that does not change that fact that, even if Ehud Olmert, Dan Meridor, Ronny Milo, Benny Begin and even Tzipi Livni were all once key figures in Israeli politics, they’re now a footnote in history. Netanyahu outsmarted them all and his name can still be read in the headlines.
Right from the start, Bibi learnt to swim against the current and how to rebel against authority. From his “defiant opposition” to his father – with whom he had a particular relationship and who was against his decision to do his military service – to being yelled at on the phone by US Secretary of State Hillary Clinton and navigating in the cut-throat and unpredictable environment of the Likud, where today’s friend is tomorrow’s nemesis, Netanyahu conquered the iron throne of Israeli politics and cut himself a place as a dominant figure on the world’s scene, from the Halls of the Kremlin to the Oval Office passing by an official visit with Chinese President Xi Jinping.
I’m realistic enough to know that Bibi’s reign will come to an end one day – even though I will be among those who will be sorry to see him go. No one, after all, is immortal. But if one has to learn only one lesson from last Tuesday’s election, it is that “King Bibi” does not intend to let any prince touch his crown.
Long after the famous HBO legendary series will have ended, the game of thrones of Israeli politics will continue. It will be fascinating to observe and I’m sure we’re in for many surprises.
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Anshel Pfeffer, Bibi: The Turbulent Life and Times of Benjamin Netanyahu, Toronto, Signal, 2018, 432 pages.
Les premiers héros du Mossad
J’ai toujours été fasciné par l’histoire du Mossad. Durant mes années universitaires, je parcourais jusqu’aux petites heures du matin les ouvrages relatant les exploits des hommes et femmes qui ont écrit les grandes pages de cette institution légendaire
Vous ne serez donc pas étonnés si je vous dis que je me délecte actuellement des épisodes de la série Mossad 101 sur Netflix.
Quelques jours avant d’être rivé au petit écran pour suivre les péripéties de Yona, Abigail et les autres, j’avais eu le bonheur de dévorer Espions de nulle part : l’avant-Mossad de Matti Friedman.
Fascinant à plus d’un égard, ce livre se veut également novateur dans le sens où il nous plonge dans les péripéties qui se sont déroulées avec la création officielle de l’ « Institut ». L’auteur nous permet donc de remonter dans la généalogie de l’histoire du renseignement israélien et la trame de son récit se concentre sur quatre individus, des Juifs qui passaient pour des Arabes (puisque « […] nés dans le monde arabe [et] aussi autochtones que les Arabes ») et dont la contribution s’est avérée inestimable durant les vingt mois les plus cruciaux qui ont permis la naissance de l’État d’Israël. Le qualificatif « cruciaux » prend ici tout son sens, si on prend en considération le fait que « […] la Section [arabe] [dont ils faisaient partie] fut l’un des seuls outils efficaces du renseignement dont disposèrent les Juifs pendant la guerre de 1948. »
Sans ces individus, que je qualifierais sans hésitation de héros, on n’ose à peine imaginer quelle aurait été la suite des choses au pays du miel et du lait. Tristement, cette contribution est cependant peu connue puisqu’elle se perd en quelque sorte dans le fossé qui existe historiquement entre les Juifs du monde islamique (Mizrahim) et les Juifs du monde chrétien (Ashkénazes), les seconds dominant largement les premiers dans le récit national. L’un des nombreux mérites du livre de Matti Friedman est de rendre justice aux premiers pour avoir formé « […] l’embryon de l’un des services de renseignement les plus extraordinaires au monde […]. »
Chaque page du livre de Matti Friedman relate le parcours et les sacrifices à donner des frissons (je pense ici principalement au risque constant d’être démasqué en territoire ennemi au péril de sa vie) de ces héros pratiquement anonymes dont les exploits auraient facilement pu inspirer la célèbre création littéraire de Ian Flemming.
Dans la bibliothèque de tous ceux et celles qui s’intéressent à l’histoire d’Israël, Gamliel, Isaac, Havakuk et Yakuba font désormais partie de ces « […] sionistes [qui] avaient l’art de changer l’humiliation en idéal. »
Pour comprendre l’ethos d’Israël et pourquoi ce pays – la première ligne de défense de l’Occident comme me le déclarait l’ancien et futur Premier ministre Benjamin Netanyahu (il était alors chef de l’opposition) – ne pourra jamais se payer le luxe de la faiblesse devant des adversaires qui représentent autant de menaces existentielles à sa survie, il faut absolument lire Matti Friedman. Vous ne le regretterez pas.
Sous une plume alerte et sensible, c’est le genre de livre captivant qu’on souhaiterait avoir toujours sous la main.
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Matti Friedman, Espions de nulle part : l’avant Mossad, Paris, Éditions Liana Levi, 2019, 312 pages. Continue reading “Les premiers héros du Mossad”
Le nouveau Rommel
En février dernier, j’annonçais en primeur sur ce blogue la parution d’une biographie du maréchal Rommel – “le renard du désert” – sous la plume de nul autre que Benoit Rondeau aux éditions Perrin d’ici la fin de l’année.
C’est maintenant chose faite et j’ai reçu mon exemplaire cette semaine.
En raison du fait que j’en ai seulement débuté la lecture hier soir, je ne peux me prononcer sur le contenu. D’ores et déjà, permettez-moi cependant de mentionner que j’aime énormément la facture du livre, publié dans la collection “Maîtres de guerre” sous la direction de l’illustre François Kersaudy, spécialiste reconnu de Winston Churchill.
D’innombrables photos agrémentent le parcours du lecteur et j’anticipe déjà des heures très agréables consacrées à passer au travers.
Je publierai une recension du livre avec grand plaisir, dès que je l’aurai terminé.
Le nouvel atout de la puissance navale chinoise

Premier porte-avions de conception entièrement chinoise et second de ce type au sein de la marine chinoise, le porte-avions CV-17 vient d’entamer ses essais en mer. Ce développement constitue une manifestation supplémentaire de l’ascension de la puissance militaire chinoise. Pékin est encore bien de pouvoir disposer d’une flotte comparable aux 11 porte-avions de la US Navy, mais l’entrée en mer de son 2e bâtiment témoigne bien du fait qu’elle incarne un acteur naval qui s’en vient jouer dans la cour du grand. Il s’agit d’ailleurs d’un sujet que j’entends suivre de près sur ce blogue.
Je tiens d’ailleurs à souligner que cette nouvelle a été portée à mon attention par le newsletter hebdomadaire de Nemrod, une association qui regroupe des étudiants et chercheurs de l’Université de la Sorbonne spécialisés sur les questions de défense et de sécurité internationale.
Les Fusiliers de Sherbrooke reçoivent le Droit de cité de la Ville de Sherbrooke

« À la Normandie! »
C’est après ces paroles que je dégustais un verre de Calvados, premier toast à la mémoire de ces valeureux fils de notre région qui sont débarqués sur Juno Beach à l’aube du 6 juin 1944, lors du dîner régimentaire commémorant le 108eanniversaire du régiment des Fusiliers de Sherbrooke.
Qu’il me soit permis de souligner qu’il s’agissait du tout premier dîner régimentaire auquel j’étais convié et je tiens d’ailleurs à remercier le Lcol Alexandre Grégoire, commandant des Fusiliers, pour cette aimable invitation.

Cette journée du 14 avril dernier avait auparavant permis aux Fusiliers de Sherbrooke de parader sous une température hivernale dans les rues jusqu’à l’Hôtel de Ville de Sherbrooke pour y recevoir le Droit de cité des mains du maire Steve Lussier. Les membres du régiment déambulaient alors sous leur drapeau régimentaire, lequel arborait pour la toute première fois l’honneur de bataille de le campagne d’Afghanistan. Celui-ci venait d’être brodé, en reconnaissance de la participation des membres de l’unité à cette campagne à laquelle plus de 40 000 militaires canadiens ont pris part entre 2001 et 2014.
« C’est une journée historique et inoubliable pour moi », d’exprimer avec fierté et émotion le maire Steve Lussier lors de son allocution prononcée lors du dîner régimentaire. Il profita également de l’occasion pour dévoiler ses affinités avec le monde militaire. Ayant grandi à Saint-Jean-sur-le-Richelieu, il mentionnait aux convives que sa mère a œuvré en tant que cuisinière sur la base militaire de cet endroit et que son frère, qui est actuellement pilote de ligne, a appris à piloter alors qu’il faisait partie des cadets de l’air.
Du même souffle, le maire de Sherbrooke témoignait de sa reconnaissance envers le travail accompli par les Fusiliers de Sherbrooke dans la collectivité. « Je sais que la carrière que vous avez choisie est remplie de défis et qu’elle vous demande plusieurs sacrifices.Merci du fond du cœur de les accepter et de poursuivre dans la voie militaire. Car la présence de votre unité dans notre communauté est précieuse », d’ajouter celui qui avait accepté de présider à la cérémonie du Droit de cité en après-midi.
Notons que la dernière cérémonie de ce genre avait eu lieu pour la dernière fois en 1982, alors que Jacques O’Bready présidait aux destinées de la ville.
Inutile de mentionner que ce fut une soirée mémorable, au cours de laquelle j’ai pu me régaler de ces traditions militaires pour lesquelles j’ai toujours nourri la plus grande admiration.
Au final, je partage donc entièrement le sentiment du maire Lussier à l’effet que ce fut une journée inoubliable.
Hommage au Lcol Arnaud Beltrame

En guise d’hommage à la mémoire du Lieutenant-colonel Arnaud Beltrame de la Gendarmerie nationale française, je serai absent des médias sociaux demain, mercredi le 28 mars, en matinée (heure de Montréal). Mes prières et mes pensées sont avec sa famille, ses collègues et sa patrie.
Nous ne vous oublierons jamais Monsieur. De cette demeure éternelle où vous êtes maintenant en compagnie de Notre Père céleste, accordez-nous d’avoir le courage de nous sacrifier pour ce qui est juste et bien, lorsque la vie et les circonstances feront appel à nous. D’ici là, reposez en paix.
Le Major-général Chapdelaine représentait le Canada à Westminster

Lundi le 12 mars dernier, le Major-général (Mgén) Guy Chapdelaine – un prêtre du diocèse de Sherbrooke qui occupe la fonction d’Aumônier général des Forces armées canadiennes, était invité à représenter les Forces armées canadiennes, à l’occasion de la cérémonie interconfessionnelle du Commonwealth célébrée en la cathédrale historique de Westminster à Londres. Contrairement à ce que rapportaient certains médias, il n’a pas prêché devant les membres de la famille royale.
Ceux et celles qui aimeraient consulter le dépliant de la cérémonie peuvent le faire ici.
Je me suis entretenu avec lui, au sujet de cette invitation exceptionnelle qui honore non seulement les Forces canadiennes mais aussi les Sherbrookois.
« Il y a deux ans, je suis me rendu à Londres dans le cadre de mes fonctions, puisque les Forces canadiennes ont un Aumônier en poste dans la capitale britannique. J’y ai également rencontré le chanoine Paul Wright, vice-doyen des chapelles royales (on en retrouve 5 à Londres et 3 au Canada), qui est en même temps l’aumônier de Buckingham Palace. »
Le Mgén Chapdelaine a également fait la connaissance du Doyen de Westminster, le Très Révérend John Hall, pour discuter de la façon qu’il organisait les services religieux incluant différents représentants des religions et des Églises chrétiennes. Il l’a revu en janvier 2017 au Centre anglican de Rome. C’est d’ailleurs de ce dernier qu’est venue l’invitation à participer à la cérémonie du 12 mars.
Durant la réception organisée après le service religieux pour le Commonwealth, celui qui représentant les Forces armées canadiennes a également eu le privilège de s’entretenir avec quelques-uns des membres de la famille royale, dont le Prince Harry et Meghan Markle. « Ce qui m’impressionne le plus, c’est qu’on se sent en famille avec eux. Lorsque j’ai discuté avec le Prince Harry, je l’ai remercié pour sa contribution aux Jeux Invictus de Toronto et nous avons parlé de météo avec Mme Markle, puisqu’elle a habité Toronto et que c’est une ville que je connais bien. Loin d’être distants, les membres de la famille royale incarnent véritablement le fait qu’ils sont aussi la famille royale canadienne », de renchérir le haut-gradé originaire des Cantons de l’Est.
Le Mgén Chapdelaine retournera à Londres à la fin du mois d’octobre prochain, puisqu’il a été invité à prêcher à St. James Palace. « De mémoire, selon le chanoine Wright, j’étais le premier catholique depuis le roi Jacques II (dernier monarque catholique romain d’Angleterre, d’Irlande et d’Écosse) et le premier canadien à prêcher dans une chapelle de Sa Majesté (on ne sait pas si elle participera à cette cérémonie, mais cela n’est pas exclu). Je me suis donc demandé si Sa Majesté était au courant de la situation et si elle était à l’aise avec ça. Mon interlocuteur m’a dit qu’elle en avait effectivement été informée et que cela lui faisait grandement plaisir », de poursuivre celui qui est aussi Aumônier honoraire de la Reine.
D’Ottawa au Palais de St. James, en passant par Rome, le Mgén Chapdelaine attribue sa participation à la célébration de la grande famille du Commonwealth aux liens d’amitié tissés dans le cadre de ces fonctions au fil des ans et à l’importance du travail effectué au niveau de l’œcuménisme. « Notre rôle est de bâtir des ponts et je suis honoré de représenter le Canada et les Forces canadiennes auprès de la Couronne canadienne. »
Il s’agit sans conteste d’un insigne honneur que le fervent monarchiste que je suis ne pouvait passer sous silence. Et je suis sincèrement reconnaissant au Mgén Chapdelaine de m’avoir accordé cette entrevue malgré un horaire très chargé.