« Britannia règne sur les flots » (Britannia rules the waves). Tout passionné d’histoire a déjà entendu le célèbre hymne patriotique Rule, Britannia ! Celui-ci évoque la suprématie maritime de la Grande-Bretagne à une époque où elle faisait partie des plus grands empires de l’histoire. L’issue de la guerre d’indépendance des États-Unis allait toutefois marquer un changement de cap dans le positionnement de Londres en Amérique du Nord.
C’est dans la petite ville de Yorktown, en Virginie, que les forces britanniques de Lord Cornwallis furent contraintes de capituler, le 19 octobre 1781. Les tuniques rouges « subissent littéralement l’humiliation de cette défaite devant des soldats américains soi-disant désordonnés, déguenillés et sans commandement unifié », pour reprendre les termes du général Vincent de Kytspotter, qui consacre un excellent livre chez Perrin à ce tournant décisif de l’histoire militaire et géopolitique.
Sans le concours précieux des soldats français, on voit mal comment les insurgés américains auraient pu remporter une victoire aussi déterminante. Versailles entend laver l’affront de la défaite encaissée à l’issue de la guerre de Sept Ans et manifester « l’ambition de s’afficher comme une puissance d’équilibre en Europe mais également dans le monde. ». Pour damer le pion à « celle qui était encore la plus forte armée du monde », Louis XVI dépêche en Amérique « l’officier général en activité le plus expérimenté de l’armée royale », le général Jean-Baptiste-Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau, afin de soutenir les révolutionnaires américains.
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