Emmanuel Macron aime les espions. Beaucoup, même. Voilà la principale conclusion que l’on peut tirer du livre d’Antoine Izambard et de Pierre Gastineau, Les Espions du président (Albin Michel). Pour tout dire, le locataire actuel de l’Élysée « est probablement le président de la Ve République qui aura montré le plus d’appétence pour la matière [le travail des sentinelles invisibles] ».
Constatons-le d’emblée. La grande histoire lui a offert un terrain d’action à la hauteur de ses ambitions. La brutalité du monde est venue frapper aux portes du Château. De l’Ukraine à l’Iran, en passant par l’attaque barbare du 7 octobre 2023 en Israël et l’affirmation croissante d’une Chine portée par ses ambitions, le président et ses mousquetaires ont été appelés à œuvrer dans l’ombre, au cœur des jeux de puissance.
Emmanuel Macron y était préparé, lui qui manifeste depuis longtemps un vif intérêt pour les affaires clandestines. Contrairement à plusieurs de ses prédécesseurs, dont la conviction quant à l’utilité du renseignement institutionnalisé demeurait déficiente ou, au mieux, tiède. Après l’arrivée d’Emmanuel Macron rue du Faubourg-Saint-Honoré, les agents de la Coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme (CNRLT) voient donc, avec étonnement, « leur revenir chaque semaine des dizaines de notes griffonnées du feutre bleu présidentiel ». Ils ont toute l’attention du patron.
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