L’école Lee Kuan Yew

Je me suis longtemps demandé pourquoi Lee Kuan Yew suscitait une telle admiration chez tant de chefs d’État et autres personnalités de premier plan. Je pense ici notamment à Henry Kissinger et Tony Blair. Cette interrogation est demeurée en suspens jusqu’à ce que je mette la main sur la biographie que lui a consacrée l’ancien ambassadeur Bernard de Montferrand, Singapour : L’invention de Lee Kuan Yew (Tallandier). Déjà, l’association de la création d’un pays à un seul homme témoigne de la stature exceptionnelle du personnage. L’ouvrage retrace un parcours hors du commun dont les pages ont été écrites par une personnalité tout aussi singulière.

Après des études interrompues par la Seconde Guerre mondiale, ce fils de la diaspora chinoise prend la route de la Grande-Bretagne, où il est formé à Cambridge et à la London School of Economics. Pour tout dire, c’est « un pays qu’il admire profondément », et il ne dissimulera jamais une sincère anglophilie. De retour au pays, sa voie est tracée. La politique est sa vocation, la construction d’un État son destin. L’auteur – qui fut ambassadeur de France dans ce pays – rappelle à cet égard que « tout le « miracle » singapourien réside dans les années de lutte politique qui ont formé son « père fondateur » ».

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Yitzhak Rabin, un destin israélien

Les destins tragiques laissent une marque indélébile dans l’histoire, mais aussi dans le cœur de ceux qui en ont été témoins. Je me souviens avec précision de l’endroit où je me trouvais et de ce que je faisais en cette sombre soirée du 4 novembre 1995, lorsque j’ai appris, consterné, que le premier ministre israélien Yitzhak Rabin avait été fauché par les balles d’un extrémiste juif. La publication d’un livre consacré à cet événement fatidique et à son principal protagoniste, sous la plume très bien informée du vétéran journaliste Michaël Darmon, s’est retrouvée sur-le-champ sur ma liste de lecture.

Personnage au sourire rare, timide et accordant sa confiance au compte-gouttes, le premier chef du gouvernement né sur la terre du miel et du lait n’avait rien des figures charismatiques qui attirent les projecteurs. C’est pourtant son caractère bien trempé qui l’aura porté aux plus hautes fonctions et à son destin.

Au fil de onze chapitres très bien ficelés, Michaël Darmon décrit l’ascension d’un homme et celle d’un sionisme messianique avec lequel la collision était inévitable et funeste. On y découvre — ou redécouvre — un militaire tenant tête au premier ministre Ben Gourion, s’attirant au passage l’inimitié des cadors du mouvement travailliste, peu enclins à laisser ce centurion, dont la personnalité se révélait aussi impénétrable que le désert du Néguev, poursuivre son ascension. Parmi eux figure son rival historique, Shimon Peres.

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Le chemin de crête de Paul VI

Tout cela pour dire que le nouveau pape invite la curiosité à savoir quelles seront les orientations édictées à l’intérieur des murs léonins au cours des prochains jours et des prochaines semaines dans la gestion des rapports au monde. À cet égard, on pense immédiatement à la guerre en Ukraine. Le dossier israélo-palestinien est certainement ex aequo en termes d’importance.

Les relations entre le Vatican et Israël ont été officialisées par un accord paraphé le 30 décembre 1993 ont toujours revêtu un vif intérêt pour moi. J’étais donc impatient de plonger le nez dans le dernier livre de Michaël Darmon, Le pape et la matriarche : Histoire secrète des relations entre Israël et le Vatican (Passés / Composés). J’avais déjà fait la connaissance – sur le plan intellectuel – de ce brillant journaliste à l’intérieur d’un ouvrage qu’il avait consacré au président Nicolas Sarkozy avant l’élection de ce dernier.

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