Planet Strongman

In his 2020 bestseller Rage, Washington legendary journalist and author Bob Woodward recalls discussing the direction of the Trump administration’s foreign policy with the President. Mentioning his dealings with Turkish President Recep Tayyip Erdogan regarding the war in Syria, the commander-in-chief said: “I get along very well with Erdogan, even though you’re not supposed to because everyone says ‘What a horrible guy’. But for me it works out good. It’s funny the relationships I have, the tougher and meaner they are, the better I get along with them. You know?”

In his captivating recent book The Age of the Strongman (Other Press), Financial Times foreign affairs commentator Gideon Rachman quotes former National Security Affairs specialist Fiona Hill when she declared that her former boss was seduced by “autocrat envy”. From Jair Bolsonaro (in Brazil) to Vladimir Putin, as well as Saudi Crown Prince Mohammed bin Salman (MBS), the 45th President got along quite well with those whom he perceived as being strong, an expression easily interchangeable with being autocratic. This trend was confirmed early last month when Hungarian Prime Minister Viktor Orbán took the stage at the Conservative Political Action Committee (CPAC) gathering in Dallas, Texas.

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“Le vrai héros, c’est le peuple ukrainien”

Soldats ukrainiens en action (source: Harvard Law School)

Régis Genté est spécialiste des cercles du pouvoir en Russie et en Ukraine et il est le coauteur d’une éclairante biographie du président Volodymyr Zelensky que je viens d’ailleurs de recenser. J’apprécie particulièrement son analyse, en raison du recul qu’il prend face au caractère souvent superficiel de l’actualité. Son propos repose sur une lecture renseignée de la situation. Il a aimablement accepté de répondre à mes questions pour cette entrevue dont l’objectif est largement de souligner le 31e anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine. Voici donc le contenu de notre échange.

M. Genté, dans votre livre Zelensky : Dans la tête d’un héros, vous brossez le portrait étonnant d’un personnage impulsif, agressif et qui maîtrisait mal ses dossiers à certains moments, notamment devant les médias. Serait-il une bête de communications sans contenu ? Quel a été l’impact de la guerre dans son caractère?

Il y a un peu de cela à la base. Zelensky fait partie de cette génération d’hommes politiques pour qui la communication et l’image jouent un rôle clé. Qui croient qu’avec de la communication, de la production de messages, on peut diriger un pays. Il semble avoir été très longtemps, littéralement jusqu’à la veille de la guerre, déconnecté des réalités, de la réalité des forces qui font ce que la politique est ce qu’elle est en Ukraine.

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Zelensky, chef de guerre malgré lui

Avant le 24 février 2022, rares étaient celles et ceux – hormis les férus d’actualité ou les familiers de son pays – à connaître ou savoir prononcer le nom du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Depuis ce jour fatidique, son nom a tellement été lu et entendu qu’il est devenu incontournable dans l’actualité.

Mais qui est donc cet homme qui préside aujourd’hui même le 31e anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine et qui tient obstinément tête à Vladimir Poutine, qui sermonne les capitales occidentales quant à la tiédeur de certaines réactions et qui aura inspiré une foule de gens par un courage peu commun face à l’adversité? Napoléon aurait exprimé que « nul n’est grand devant son valet de chambre ». Le même constat s’applique vraisemblablement pour quiconque revêt les habits de biographe d’un illustre personnage.

J’étais donc impatient de parcourir Zelensky : Dans la tête d’un héros (Robert Laffont) sous la plume de Régis Genté et Stéphane Siohan – le premier étant un spécialiste de l’ancien espace soviétique et le second observant le président ukrainien depuis ses débuts dans la vie publique. Et je dois avouer que je n’ai pas été déçu. Ils brossent le portrait d’un comédien jadis russophile doublé d’une bête de communication. À la lecture de l’ouvrage, on comprend rapidement que pratiquement rien ne promettait Zelensky à un destin aux commandes de l’Ukraine à partir de 2019. Il n’avait rien d’un animal politique.

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Le jour où Gorbatchev a perdu

C’était il y a 31 ans. J’étais sur le point de débuter mes études collégiales, antichambre de l’université au Québec. Déjà féru d’actualité politique internationale, tout ce qui concernait Mikhaïl Gorbatchev me captivait. J’aurais le privilège de le rencontrer plus tard, mais c’est une autre histoire. Toujours est-il qu’en ce beau jour du mois d’août 1991, je fus bouleversé d’apprendre qu’on venait d’initier un putsch contre ce leader que j’admirais.

Toutes les heures, je téléphonais à la salle de réaction de mon journal local pour m’enquérir des nouvelles à ce sujet… Nous n’avions ni CNN, ni l’Internet à cette époque. Le généreux directeur de la salle de réaction, Pierre-Yvon Bégin, me répondait toujours avec affabilité et générosité. Il m’avait même offert des photos de Gorbatchev. En souvenir, au cas où…

Ce 19 août 1991 est toujours resté gravé dans ma mémoire, parce qu’il constituait selon moi un point de rupture. Avec le temps, je mesure à quel point ce moment fatidique scella le destin non seulement de Gorbatchev, mais également de Boris Eltsine et aussi, dans une certaine mesure, du jeune Vladimir Poutine qui allait apprendre de cette période fatidique comment ne pas faire de politique dans son pays.

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Poutine parmi les loups

Durant mes études universitaires, un professeur de relations internationales a émis un jour une observation qui m’est demeurée à l’esprit. À un collègue qui lui demandait une suggestion de lecture biographique à propos du président Nixon, le professeur lui avait conseillé le premier tome de la trilogie que lui avait consacré l’historien réputé Stephen E. Ambrose. Devant notre étonnement face à cet éloignement des hauts faits internationaux du grand personnage pour nous diriger vers les pâquerettes de la jeunesse, l’érudit personnage rétorqua que les clés pour comprendre la personnalité et les agissements de tout grand personnage se trouvent dans l’enfance et la jeunesse.

À cet égard, L’Engrenage (Albin Michel) de Sergueï Jirnov, un ancien officier supérieur du KGB, offre aux lecteurs un portrait décapant qui permet de mieux saisir la personnalité de Vladimir Poutine. Comparativement à la majorité des observateurs qui se prononcent au sujet du président russe, l’auteur a « […] croisé la route de Poutine à plusieurs reprises dans le passé. » Il est aussi l’un des rares « […] à l’avoir rencontré quand il n’était encore personne » et à témoigner ouvertement de son expérience et de ses impressions.

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Pour Kissinger, le désordre est le mal absolu

À 99 ans, son esprit et sa plume demeurent toujours aussi aiguisés. Henry Kissinger distille son expertise aguerrie des relations internationales et, malgré les controverses suscitées comme lorsqu’il conseillait que l’Ukraine devienne « […] un État-tampon entre la Russie et l’Union européenne », ses lumières sont toujours aussi éclairantes parce qu’elles sont dénuées de l’émotion chevillée au corps de la « tyrannie de l’instant ».

Henry Kissinger m’accompagne intellectuellement depuis mes années universitaires, alors que je me plongeais dans son livre-phare Diplomatie et que je partais à la recherche de sa dernière tribune. Nous n’avions pas accès aux banques de données à cette époque. L’exercice n’était donc pas aussi simple et rapide qu’aujourd’hui. Il ne cesse depuis de me fasciner et je prête toujours une oreille très attentive à ses propos.

J’étais donc extrêmement heureux de plonger le nez dans la biographie que lui a récemment consacré le diplomate français Gérard Araud. Henry Kissinger : le diplomate du siècle (Éditions Tallandier) propose un tour d’horizon solide de la vie, de la pensée et de l’oeuvre du grand homme. Alors que l’Holocauste frappe son Allemagne natale, l’adolescent juif de 15 ans arrive avec sa famille aux États-Unis en août 1938. C’est le début d’un parcours exceptionnel qui verra le jeune académique s’épanouir dans les cercles du pouvoir américain après la Seconde Guerre mondiale.

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Zelensky is living up to what Churchill called “the level of events”

Source: Michael de Adder (@deAdder) / Twitter

Andrew Roberts is the contemporary authority on Winston Churchill. He gave an interview yesterday to Michael Crick for the Mail Online about the similarities between the Greatest Briton and Ukrainian President Volodymyr Zelensky, his contemporary disciple.

Here are a few lines from this insightful article:

“Not only has Zelenskyy stayed in Kyiv, as Churchill did in wartime London, but he is seen on the streets, rallying his people with speeches, and recognizes all the perils and risks.

‘It’s straight out of the Churchill playbook,’ Roberts tells Mail+. And Zelenskyy is showing extraordinary bravery when a team of Russian assassins dressed in Ukrainian army uniforms is said to be out to kill him. That’s not a hazard Churchill faced.”

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Is Putin a Weak Strongman?

22 years ago, tonight, Vladimir Putin ambled in history and became President of Russia after Boris Yeltsin retired. Since then, many have spent countless years scrutinizing his every moves. In a sense, the new master of the game largely contributed to Kremlinology’s survival as a discipline. And the prospect of him seeking another term in two years means that Putinology still has bright days ahead. His exercise of power remains one of the most fascinating questions to any student of Russian politics.

I just finished reading a most excellent book about the Russian President, Weak Strongman: The Limits of Power in Putin’s Russia by renowned Columbia University Professor Timothy Frye. In a documented, clear, and eloquent style, the main conclusion of the author is that Vladimir Putin’s main political quality is his ability to navigate the stormy seas of Russian politics.

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Napoléon, cet animal politique

Je ne pouvais laisser se terminer l’année 2021 sans recenser l’un des meilleurs livres consacrés à Napoléon qui me soit passé entre les mains pendant le bicentenaire de son décès. À cet égard, Les hommes de Bonaparte : La conquête du pouvoir 1793-1800 (Éditions Perrin) de l’historien Jean-Philippe Rey m’a permis de découvrir un aspect de l’Empereur dont ma connaissance était, je le constate bien aujourd’hui, très embryonnaire. Alors que les vertus de celui que Clausewitz appelait le « Dieu de la guerre » sont bien connues, son génie politique l’est beaucoup moins. Et c’est à ce niveau que l’auteur nous renseigne de manière convaincante.

Bonaparte, nous dit Jean-Philippe Rey était un animal politique, un ambitieux désireux de s’investir corps et âme pour grimper au sommet. En témoigne notamment son mariage avec Joséphine (un mariage dont les deux époux tirèrent avantage, malgré sa nature complexe) et une capacité consommée à tisser, entretenir et étendre ses réseaux. Le réseautage est d’ailleurs un – pour ne pas dire le – thème dominant du livre.

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“My subordinates took time to reach out and let me learn how to lead” – Exclusive interview with Vice-Admiral Mark Norman (ret.)

Vice-Admiral Mark Norman (ret.)

A few weeks ago, I was privileged to be in touch with Vice-Admiral (ret.) Mark Norman, former Vice Chief of the Defence Staff of Canada. A man for whom I have tons of respect and admiration. He gladly accepted to respond to a few questions for my blog. To that end, we had an extremely pleasant discussion on the phone. Here is the content of our exchange.

Vice-Admiral Norman, as you can see with the name of my blog, books about history (mainly military) are among my main subjects of interest. Are you an avid reader? If so, what are your favorite subjects?

Compared to others, I am not an avid reader. Surprisingly, I don’t read military history directly. I do however enjoy three broad areas of books. 1) believable fiction – often based in an imaginary world. For example, I was recently absorbed by the Dune trilogy. This is a brilliant story. 2) the pseudo-realist genre, whose stories are based on reality. I’m a big fan of James Bond, the Jason Bourne series, Jack Ryan and Dan Brown for example. And 3) non-fiction. I like more analytical pieces and variations of military history. In that regard, I have recently read Destined for War by Graham Allison, books about leadership by retired generals like Colin Powell and Rick Hillier. I’m a big fan of Malcolm Gladwell. I will occasionally dive into naval history, and I have read different translations of Sun Tzu. This said, I am less active in that last category than I am in the two others.

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